L'avis de... Lorenzo Davila, directeur du département de recherche à l’IEB (Institut d’Etudes Boursières)

«Attention, en cas de fusion, au risque de contagion à l’entité saine»

le 19/04/2012 L'AGEFI Hebdo

Les problèmes des caisses d’épargne n’étaient-ils pas prévisibles ?

Il faut en effet distinguer le secteur bancaire espagnol dans son ensemble, qui a les mêmes problèmes que les autres banques internationales, des caisses d’épargne qui ont suivi un modèle de croissance complètement insoutenable consistant à financer la promotion immobilière pour soutenir le processus d’urbanisation. Les caisses étaient très liées au pouvoir politique qui rendait les terrains urbanisables. On est parfois arrivé à un tel extrême que certaines d’entre elles ont donné des prêts pour des terrains déclarés non urbanisables, sur la promesse d’une requalification.

Quel est votre bilan de la réforme ?

Les banques avaient jusqu’au 31 mars pour présenter leurs plans de viabilité mais il y a beaucoup de doutes sur la réalité de ces plans. Le déficit peut être encore plus important qu’on ne l’estimait au moment de l’adoption du décret qui l’avait chiffré à 50 milliards d’euros. Il faut aussi faire attention, en cas de fusion, au risque de contagion à l’entité saine.

Est-ce que l’Espagne devra faire appel à un plan de sauvetage européen ?

Je ne sais pas mais je crois que la réforme du système financier va avoir besoin de plus de ressources que prévu. S’il y a un problème de surendettement, il n’y a que trois solutions: soit une décote, soit la croissance économique (qui n’est pas au rendez-vous), soit l’inflation qui peut aider au désendettement. Le gouvernement devrait inciter à plus d’inflation par des politiques fiscales et salariales. La réforme financière transfère la dette privée à la dette publique, comme ce fut le cas du Japon dans les années 80. Mais il faut que les marchés permettent ce transfert avec une prime de risque acceptable.

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