Les atouts français pour l’intermédiation de marché

le 17/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Paradoxe : en relevant ses exigences de fonds propres pondérés dans les banques, le Comité de Bâle pourrait pousser les entreprises vers les marchés pour se financer. Une « désintermédiation » qui reviendrait, selon certains, à valoriser le modèle financier des Etats-Unis, berceau de la crise. Pour les banques, pourtant, « accompagner les entreprises dans des émissions obligataires n’est pas à proprement parler une désintermédiation de l’activité, constate Thomas Rocafull, directeur associé de SIA Conseil. Cela génère des commissions avec l’avantage qu’elles fournissent directement du résultat net puisque, contrairement au crédit, l’actif n’est pas porté au bilan. » Iconoclaste, cette position est partagée par des professionnels. Ancien directeur général de Crédit Agricole SA, Georges Pauget (photo) observe ainsi dans un article cosigné avec Dhafer Saïdane de la Skema Business School de Lille (Revue d’économie financière, décembre 2010) que la tendance « n’est pas une érosion du rôle des banques, mais un élargissement de la fonction d’intermédiation financière. Les grands groupes bancaires multispécialisés via leur pôle de banque de financement et d’investissement continuent à être en contact avec les grandes entreprises dans le cadre de relations traditionnelles de financement, mais leur offre intègre aussi les produits de marchés ». Les français peuvent en tirer parti. « C’est une question de mix-produits, estime Thomas Rocafull. Le modèle de banque universelle dispose de tous les atouts pour cette évolution : les clients, les activités, les équipes sont là pour faire bouger les lignes dans une logique de développement d’une banque d’affaires. »

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