Arkéa démontre son implication dans le capital-investissement

le 22/11/2012 L'AGEFI Hebdo

La dernière-née des structures du pôle Entreprises et Institutionnels accompagne le fondateur de Paprec. Et marque son originalité face à d’autres investisseurs.

L’opération est en ligne avec l’objectif de son plan stratégique « Horizons 2015 » : se renforcer sur trois autres marchés que celui des particuliers (promoteurs immobiliers, acteurs publics et institutionnels locaux et entreprises). Pour les entreprises de taille moyenne (PME) ou intermédiaire (ETI), Crédit Mutuel Arkéa, qui a mis en place une architecture de marques valorisant Arkéa par rapport à Crédit Mutuel (L’Agefi Hebdo du 15 mars 2012), s’est en outre doté l’an dernier d’une nouvelle structure de capital-investissement, Arkéa Capital Partenaire, à contre-courant de ses concurrents dont certains ont arbitré cette activité dans un contexte réglementaire défavorable. « Crédit Mutuel Arkéa dispose de deux véhicules de capital-développement : Arkéa Capital Investissement (ex-Synergie Finance, NDLR) pour les opérations comprenant des tickets inférieurs à 10 millions d'euros et Arkéa Capital Partenaire, dans une logique de long terme, pour les apports en fonds propres qui excèdent ce montant, souligne Jean-Pierre Denis, président de Crédit Mutuel Arkéa. Au-delà de ces outils que nous gérons en direct, nous participons naturellement à un certain nombre de fonds et de sociétés d'investissement spécialisées. Ces dispositifs sont coordonnés par Marc Brière. »

C’est donc Crédit Mutuel Arkéa Capital Partenaire qui apporte 50 millions d’euros à JLPP Invest, la holding de tête du groupe Paprec, une ETI de traitement et recyclage des déchets (3.500 salariés, 700 millions de chiffre d’affaires et 100 millions d’euros d’Ebitda - excédent brut d’exploitation - en 2012) qui a déjà réalisé une soixantaine d’opérations de consolidation depuis sa création en 1994. Les autres actionnaires financiers, présents depuis 2008, sont pour leur part impliqués dans la structure opérationnelle, dont le capital est aussi recomposé. Le Fonds stratégique d’investissement (FSI) apporte à cette occasion 100 millions d’euros, ce qui répond notamment à la volonté de l’Etat de renforcer la compétitivité d’une filière privilégiée dans le cadre du Grenelle de l’Environnement.

Augmentation de capital

JLPP Invest renforce ainsi son pouvoir. « Jean-Luc Petithuguenin a souhaité consolider le contrôle qu'il exerce sur son groupe et nous a proposé d'investir à ses côtés, à hauteur de 22,5 %, dans JLPP Invest qui comptait déjà un actionnaire de longue date : le groupe des Papiers de Presse », explique Jean-Pierre Denis. Contrôlant ainsi 57,2 % de Paprec, Jean-Luc Petithuguenin ne peut plus être contraint de vendre sa société, alors qu’un rapprochement avec Séché Environnement, dont le FSI est aussi actionnaire, a fait l’objet de rumeurs. « Autant que l'entreprise, c'est l'entrepreneur que nous accompagnons, insiste Jean-Pierre Denis. Avec le statut d'investisseur long terme qui est le nôtre, nous donnons au dirigeant non seulement des moyens supplémentaires pour sa croissance, mais aussi une forme de stabilité qui lui permet de voir plus loin en termes de développement. » Jean-Luc Petithuguenin n’a d’ailleurs pas manqué de remercier l’ancien patron d’Oséo (la « banque de PME ») et de Dalkia (société de services énergétiques détenue à 66 % par Veolia Environnement), qui était jusque-là administrateur indépendant de Paprec Group. Fort de cette expérience, Jean-Pierre Denis n’a pas de doute : « Nous croyons fortement au potentiel de Paprec qui, depuis sa création, affiche près de 30 % de croissance annuelle de chiffre d'affaires et dispose d'actifs industriels de très belle qualité (700 millions d'euros d'actifs). » Paprec prévoit plus de 100 millions d’investissements sur douze mois et de nouvelles opérations de croissance externe.

Après une première opération qui lui a permis d’acquérir 25 % du groupe d’agroalimentaire breton Le Graët lorsque son fondateur a passé la main à ses enfants, Arkéa Capital Partenaire continue de remplir sa feuille de route : un taux de rentabilité de 12 % à 15 %, avec des tickets de 10 à 70 millions d’euros dans des ETI non cotées, sur des durées de dix à quinze ans. Cette fois, néanmoins, son investissement dépasse le cadre régional. « Près de 40 % de l'activité de Paprec est réalisée dans le grand ouest et le sud-ouest de la France. Rien qu'en Bretagne, le groupe compte quatre installations très performantes : Trégueux, Ergué-Gabéric, Le Rheu et Elven », se défend Jean-Pierre Denis. En outre, la diversification est essentielle pour la société de private equity. Quelles sont désormais ses capacités d’investissement ? « Nous avons doté Arkéa Capital Partenaire de 400 millions d’euros à sa création », se contente de rappeler Jean-Pierre Denis. Or le montant de l’opération Le Graët n'a pas été communiqué. Une troisième opération devrait être bouclée début 2013 : l’occasion, peut-être, d’en savoir plus.

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