Arkéa Banking Services a sa place dans le plan à moyen terme du groupe

le 16/05/2013 L'AGEFI Hebdo

La plus jeune et plus petite branche de Crédit Mutuel Arkéa se positionne pour profiter de la coopération technologique interbancaire qui s’annonce.

Parce que le système français reste verrouillé par le GIE Cartes Bancaires (CB), lorsqu’Adyen, prestataire néerlandais de solutions monétiques multicanal, a ouvert son bureau à Paris en novembre dernier, il s’est cherché un partenaire local. Et a opté pour Arkéa Banking Services (ABS) ! Cet opérateur né en 2006, qui travaille pour plus de 2.500 enseignes (Vodafone, Mango, KLM Airlines...), a ainsi privilégié la plus jeune et la plus petite entité d’une banque mutualiste installée à Brest. « Adyen est venu vers nous, explique Emmanuelle François, directeur général d’ABS (dotée du statut bancaire depuis 2010). La société nous a identifiés comme l’une des banques françaises offrant ses services à des prestataires de paiement. » Cette filiale de Crédit Mutuel Arkéa, qui a déclaré 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, dispose en effet d’une plate-forme ouverte à de nouveaux entrants sur le marché des paiements.

ABS travaille déjà avec des établissements français en phase de déploiement tels qu’Afone Paiement sur le volet de l’acquisition et Aqoba sur celui de l’émission. Comparable à celui noué avec le premier, émanation d’un opérateur de télécommunications (18 millions d’euros de flux de transactions au premier trimestre 2013), son nouveau partenariat est toutefois sans commune mesure et permet à Arkéa d’accroître sensiblement sa part de marché au sein de CB. « Adyen traite de gros volumes (plus de 10 milliards de dollars de transactions de paiement en 2012, NDLR), notamment pour les clients de compagnie aérienne », souligne Emmanuelle François qui indique, sans divulguer de montant, qu’ABS est rémunéré « avec un fixe fondé sur le nombre de transactions et un variable lié au montant global », son modèle de facturation habituel en business to business (BtoB).

Externalisation bancaire

Outre ces prestations d’émission et d’acquisition de flux de paiement du monde physique et virtuel, ABS propose aussi à des sociétés financières toute la palette du métier bancaire, du « core banking » (comptabilité, lutte antiblanchiment, gestion actif-passif...) aux produits (offre d’épargne, gestion de comptes courants...). Ainsi, l’essentiel de ses 110 collaborateurs est dédié aux prestations bancaires. Le lancement des livrets d’épargne Zesto et Distingo, pour le compte de deux concurrents frontaux, respectivement RCI Banque et PSA Banque, peut surprendre, mais « RCI et PSA maîtrisent leur communication, rappelle Emmanuelle François. Nous assurons les front, middle et back-offices. Notre vocation est de proposer les mêmes prestations à plusieurs clients : ils doivent en accepter le principe, mais nous garantissons l’étanchéité des systèmes. Par ailleurs, l’exclusivité est envisageable, sur une option de produit par exemple ». Enfin, la décision d’Allianz Banque de basculer tout son système informatique sur celui d’Arkéa (processus de souscription, gestion des clients et des produits, fonctions supports...) a constitué une première en France. « Ce que l’on a vu dans le métier du titre puis de la monétique aura lieu dans la partie bancaire assez rapidement, prédit-elle. La désintermédiation est déjà en cours et les accords bilatéraux vont se multiplier. »

Tandis que ses résultats 2012 sont « atypiques du fait de lourdes charges d’investissement en informatique, amenées à diminuer en 2013 », admet-elle sans plus de précision, Emmanuelle François ne doute pas de leur amélioration et de la croissance des revenus d’ABS, encore négligeables parmi ceux d’Arkéa (voir le tableau) : « Nous sommes en ligne avec le projet d’entreprise Horizons 2015, dit-elle. ABS et ses services bancaires en marque blanche auront toute leur place dans le prochain plan stratégique du groupe. » Nouer des partenariats commerciaux, techniques, voire capitalistiques avec d’autres établissements financiers, de la distribution ou de la téléphonie, tels que Banque Accord (groupe Auchan) ou Buyster (alliance d’Orange, SFR et Bouygues Telecom), fait partie intégrante du dessein de Crédit Mutuel Arkéa. Mais si son activité en BtoB, qui repose sur ABS, ProCapital Securities Services (services titres) et Monext (transactions de paiement électronique) lui permet de valoriser ses savoir-faire, elle reste un centre de coûts. Asseoir son développement à l’échelle nationale et européenne comme « partenaire au service du développement de ses concurrents » ne peut s’avérer une stratégie rentable que si les volumes sont au rendez-vous.

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