Dossier Turquie

Les ambitions contrariées de Groupama

le 13/01/2011 L'AGEFI Hebdo

L’assureur mutualiste est en quête d’un partenaire bancaire pour redorer son blason en assurance-vie.

Groupama perd des points sur le marché turc de l’assurance. Cinquième assureur dommages avec environ 7 % de part de marché depuis les acquisitions des compagnies Basak et Güven en 2006 et 2008, l’assureur mutualiste a vu ses positions s’éroder considérablement en assurance-vie. La faute à l’arrêt de son accord de bancassurance avec Ziraat Bank en début d’année dernière. « En 2010, nous avons connu un coup de frein car les affaires en provenance de Ziraat n’ont plus alimenté notre activité d’assurance-vie qui, en Turquie, repose essentiellement sur de l’assurance en couverture de prêts », explique Pierre Lefèvre, directeur général en charge de l’international chez Groupama. Cette défection est un sérieux coup dur, ce partenariat représentant « 90 % de nos revenus sur ce segment en assurance-vie », selon Pierre Lefèvre. Résultat : si la compagnie doit enregistrer 350 millions d’euros de chiffre d’affaires en assurance dommages, « en assurance-vie, nos revenus prévisionnels ressortent à 25 millions d’euros, précise-t-il. Quant à notre activité de fonds de pension, nous estimons la collecte à 75 millions d’euros. » Sur l’ensemble de l’exercice 2010, ses revenus ressortiront donc à 450 millions d’euros, contre 504 millions un an plus tôt. Un revers qui nuit à la profitabilité de ses activités locales. « Nous ne serons pas rentables en 2010 », admet Pierre Lefèvre.

Pour pallier ces difficultés, Groupama s’est donc mis en quête d’un nouveau partenaire bancaire, qui pourrait bien être Denizbank, filiale turque de la banque franco-belge Dexia. « Nous nous sommes positionnés sur ce dossier qui comprend la cession de leur compagnie d’assurance-vie et un accord de distribution exclusif en assurance dommages, une activité dont le potentiel reste à développer chez Denizbank », expose Pierre Lefèvre.

Un tel accord serait le bienvenu pour Groupama qui fonde de grands espoirs sur le marché turc. Dans le cadre de son plan stratégique à trois ans, la compagnie vise en effet un chiffre d’affaires de 725 millions d’euros à horizon 2012, au rythme d’une croissance de 12 % en moyenne par an. Au regard des volumes enregistrés en 2010, la route semble bien longue.

Pour l’heure, Groupama mise donc sur la seule croissance organique. Son principal défi est d’améliorer l’efficacité de son réseau d’agents, au nombre de 2.000, et ses 200 commerciaux salariés.

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