Allianz France accélère sa transformation

le 16/05/2013 L'AGEFI Hebdo

A horizon 2015, l’assureur va diviser par deux le nombre de ses produits et repenser la taille et le positionnement de son réseau commercial.

Le siège d’Allianz France. Nicolas tavernier/REA

Allianz France ne perd pas de temps. Huit mois après avoir finalisé le rachat de Gan Eurocourtage, l’assureur travaille d’arrache-pied pour faire passer l’ex-filiale de Groupama sous la bannière Allianz Courtage. « Nous voulons achever l’intégration au 1er octobre 2013, annonce Jacques Richier, PDG d’Allianz France. Dès juin, nous serons opérationnels avec une offre, un guide de souscription et un extranet unifiés. Nous serons prêts pour les renouvellements de septembre. » L’opération est majeure pour le groupe. Elle lui permet de devenir coleader du courtage en France avec 20 % de parts de marché. « Désormais, le chiffre d’affaires issu du courtage sera de 23 % contre 17 % auparavant, note Jacques Richier. Cette opération permet de rééquilibrer le poids de nos différents canaux de distribution : 30 % pour les agents généraux, 20 % pour les réseaux salariés et 20 % pour les courtiers. » Et Allianz France n’exclut pas d’autres acquisitions. « Tout ce qui peut renforcer notre stratégie aura notre attention », indique sobrement Jacques Richier.

Il faut dire que l’acquisition de Gan Eurocourtage a offert au dirigeant une belle occasion de concrétiser les objectifs de son plan stratégique 2012-2015. Son ambition : accélérer son développement auprès des entreprises. Pari tenu ! Allianz France devient en effet numéro deux en assurance-dommages des entreprises avec 12 % de parts de marché, contre 9 % auparavant, et près de 390 millions d’euros de revenus supplémentaires.

L’assureur a même fait d’une pierre deux coups en se renforçant aussi auprès des particuliers, avec une part de marché qui passe de 7 % à 8 % et environ 440 millions d’euros de revenus additionnels. Une bonne manière, là aussi, de répondre au second objectif de son plan triennal. « Nous voulons consolider nos positions sur le marché des particuliers et stabiliser le nombre de contrats », lance Jacques Richier. Une référence à peine déguisée à une période récente où la compagnie avait subi une érosion de ses portefeuilles et de ses parts de marché en assurance-dommages. « L’objectif est d’avoir en permanence des flux nets positifs, précise le PDG. C’est déjà le cas en assurance auto, en multirisques professionnels et en santé individuelle. Ce n’est pas encore le cas en assurance habitation mais c’est un objectif pour 2014. »

Compétitivité et rentabilité

Pour l’heure, la compagnie redouble d’efforts pour accélérer sa transformation initiée dès 2008 et prolongée jusqu’en 2015. Avec un leitmotiv : simplifier son organisation pour gagner en efficacité opérationnelle et en rentabilité. Cette démarche a déjà porté ses fruits, à l’image de son ratio combiné qui a diminué de 106,8 % en 2009 à 96,9 % en 2012. « Dans un environnement incertain marqué par des taux d’intérêt bas, il est nécessaire d’avoir une gestion technique rigoureuse si l’on veut financer sa croissance, estime Jacques Richier. Nous voulons conserver un ratio combiné aux niveaux actuels. »

Pour l’améliorer davantage, et par là-même sa compétitivité, Allianz France va s’attaquer à un chantier d’ampleur : la refonte de sa gestion des sinistres et de sa politique d’indemnisation. « Nous voulons faire de l’indemnisation un élément de compétitivité, de service et de proximité avec le client, et ce service basculera à partir de 2014 sur un nouvel outil de gestion », indique Jacques Richier qui table sur 100 millions d’euros d’économies par an d’ici à 2015 grâce ce projet. Des économies, l’assureur compte bien en dégager en poursuivant ses efforts en matière de réduction d’effectifs via le non-remplacement systématique des départs naturels. Cette politique se traduira par une baisse du personnel administratif de 353 collaborateurs entre 2011 et 2015, hors Gan Eurocourtage.

La simplification de l’entreprise doit également passer par la rénovation de sa gamme de produits. Objectif : gagner en lisibilité et rendre l’offre plus modulaire. « Nous avions environ 220 produits (en 2010, NDLR) et nous voulons diviser ce nombre par deux à horizon 2015, avance Jacques Richier. A fin 2012, nous avons déjà réduit notre gamme à 199 produits et nous serons à 150 fin 2013. » Dans le détail, d’ici à 2017, le nombre de produits diminuera de 82 à 46 pour la clientèle de particuliers et de 138 à 58 pour les entreprises.

En parallèle, les réseaux de distribution vont également devoir poursuivre leur mue. Entre 2011 et 2015, le nombre d’agents généraux va diminuer de 1.962 à 1.876 tandis que le réseau salarié Allianz Protection Sociale (santé et prévoyance pour les professionnels et les PME) passera de 326 à 450 conseillers. « Nous allons réfléchir au positionnement de nos réseaux, à leur rôle et leur fonction selon nos différents marchés, explique Jacques Richier. S’agissant des agents généraux, nous travaillons sur leur différenciation et leur multispécialisation en fonction des profils de clients. »

Autant de chantiers d’envergure qui conduisent Allianz France à devoir rebâtir son architecture informatique et ses plates-formes internet, afin de faire basculer l’entreprise dans le 100 % digital. « Nous voulons que tout nouveau produit puisse être accessible sur internet, atteste Jacques Richier. Nous réalisons 8 % de nos affaires nouvelles sur nos sites internet et nous serons bien au-delà de 10 % en 2015. A ce titre, nous allons franchir une nouvelle étape en nous dotant d’un responsable du digital. » Allianz France est donc loin d’avoir achevé sa transformation.

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