Les acteurs du prépayé accélèrent leur développement

le 30/06/2011 L'AGEFI Hebdo

La France recèlerait un important potentiel pour ces types de paiement qui répondent aux préoccupations des entreprises et des administrations.

L’activité du prépayé en France est estimée à 23,8 milliards d’euros, la plus importante d’Europe, selon une étude de Global Prepaid Exchange, qui réunit les entreprises du secteur. Actuellement, les titres prépayés existent surtout sous format papier à l’instar des tickets de restauration ou de vacances, qui représentent d’ailleurs 44 % du marché. Les avantages aux citoyens sont le deuxième segment à 17 %, suivis des titres cadeaux achetés par les particuliers pour 15 %. Même si les cartes salaires n’atteignent que 1 % du marché, elles s’élèvent à près de 200 millions d’euros. Le prépayé est omniprésent dans la vie courante mais sur des usages spécifiques. En revanche, les cartes prépayées universelles généralement commercialisées par les banques, souvent à destination des jeunes, restent marginales.

Tous azimuts

En tout cas, le contexte actuel est propice à une accélération de la croissance du prépayé. « L’innovation peut faire décoller le prépayé, explique Philippe Bertinchamps, président de Global Prepaid Exchange France, grâce aux technologies comme le sans contact, le paiement mobile ou le web qui sont susceptibles d’apporter des services de promotion et de fidélisation supplémentaires par rapport aux titres papier classique, mais aussi grâce à de nouveaux modèles économiques comme celui développé par Groupon qui propose l’offre d’un seul commerçant à des clients de proximité pour un temps court contre une commission. Et la distribution via de nouveaux canaux, comme les réseaux sociaux notamment, est également une source d’innovation qui peut stimuler le marché. »

En outre, le prépayé devrait aussi se développer auprès des entreprises qui maîtrisent à la fois leurs coûts et l’usage des avantages consentis, et peuvent bénéficier d’un avantage fiscal, comme des administrations qui versent ainsi des allocations ou des aides à usage particulier (sport, loisirs…). Les collaborateurs/consommateurs, eux, bénéficient d’un pouvoir d’achat supplémentaire.

Carte et téléphone mobile

La variété des usages du prépayé est grande. « Nous proposons plusieurs types de cartes prépayées - des cartes de paiement ou de monnaie électronique - convenant à de très nombreuses situations : des cartes sinistre pour indemniser des assurés, des cartes à usage social dédiées aux personnes sous tutelle, des cartes ‘incentive’ qui sont remises à l’occasion de concours de stimulation commerciale ou autres, des cartes séjour linguistique, des cartes frais professionnels, des cartes de centre commercial, des cartes cadeaux..., expose Jean-Marie Vallée, directeur général de Natixis Paiements. Le développement du prépayé repose sur sa facilité d’usage, ses multiples utilisations possibles et sur l’originalité et la pertinence de l’offre marketing qui l’accompagne. » Sans oublier la Ca Do Carte, dernière née de la série, accessible dans les bureaux de poste. Edenred, ex-Accor Services (14 milliards d’euros de titres prépayés émis dans le monde), mise sur les pays émergents pour sa croissance future, mais aussi sur l’introduction de nouveaux produits dans les pays plus matures. « Nous développons Ticket Cleanway pour le nettoyage des uniformes, des cartes pour la gestion des frais professionnels et, depuis 2009, Ticket Ecochèque en Belgique pour inciter les consommateurs à acheter ‘vert’, ce qui représente en 2010 plus de 100 millions d’euros, un marché qui n’existait pas il y a seulement deux ans », souligne Jacques Stern, PDG d’Edenred.

Très présent auprès des universités qui équipent leurs étudiants de cartes multi-applicatives, Moneo entend bien prendre sa part sur ce marché. « Ce modèle peut s’appliquer à beaucoup d’autres communautés d’utilisateurs comme les grandes entreprises, les administrations ou collectivités locales, note Olivier Méric, directeur général de Moneo. L’utilisation des services Moneo augmente de 20 % par an et nous sommes en train d’accélérer notre rythme de croissance. Nous avons une réelle expertise dans les domaines du prépayé/préchargé, du multi-applicatif, du sans contact et de la sécurité de ces systèmes, ce qui nous donne un avantage concurrentiel. » Moneo vise ainsi 5 millions (x 2,5) de cartes actives et 750 millions d’euros (x 7,5) de transactions d’ici à 2015. Enfin, la transposition prochaine de la deuxième directive monnaie électronique devrait ouvrir les possibilités de chargement et faciliter l’accès aux grands réseaux Visa/MasterCard.

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