L’avis de… Bertrand Lauzeral, associé chez Exton Consulting

« A terme , il restera cinq à sept grands acteurs »

le 03/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Jusqu’où peut aller la concentration des groupes de protection sociale ?

A terme, il restera sans doute cinq à sept grands acteurs. Nous sommes déjà dans un mouvement de création de groupes ayant une taille très significative. Quelle est la taille suffisante pour être un pôle d’attraction ? La question reste en suspens à ce stade. Mais ils doivent se rapprocher à l’heure où leurs dotations pour la gestion de la retraite complémentaire se réduisent et, en parallèle, leurs activités en assurance de personne se développent de façon très inégale selon les groupes.

Ont-ils réellement les armes pour lutter avec les assureurs traditionnels ?

Leurs zones de développement se situent essentiellement sur les contrats collectifs, avec notamment une ouverture de plus en plus grande des accords de branche en santé. A cet égard, leur caractère paritaire leur donne un réel avantage compétitif. Toutefois, leur principale difficulté reste la faible taille de leur réseau de distribution. Par ailleurs, ils doivent trouver un équilibre entre le développement « traditionnel » via leur fonctionnement paritaire et le nécessaire passage par le courtage sur certaines cibles de clientèle. Enfin, auprès des TPE (très petites entreprises, NDLR) et des professionnels, ils ont des possibilités de développement mais il s’agit d’un marché traditionnellement dominé par les agents généraux.

Ces rapprochements s’accompagnent-ils de plans stratégiques ?

Dans tous les dossiers de regroupements, ces groupes doivent démontrer qu’ils visent à réaliser des économies d’une part, et à se développer d’autre part. Ces projets sont donc toujours accompagnés d’un plan stratégique. La course à la taille n’est pas une fin en soi. L’objectif est de réaliser des économies d’échelle sur l’ensemble de leurs activités en mettant en commun leurs moyens. Entre la nécessité de se développer dans la sphère concurrentielle et les contraintes réglementaires comme Solvabilité II, ils ont réellement besoin de trouver une assiette de contrats suffisamment large pour répondre à ces contraintes.

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