L'avis de... Alain Branchey, analyste chez Fitch Ratings

« A mi-parcours, 64 % de l’objectif de baisse de la liquidité est atteint »

le 17/05/2012 L'AGEFI Hebdo

Propos recueillis par Amélie Laurin

Crédit Agricole a-t-il suffisamment avancé dans la réduction de ses besoins de liquidités ?

Il s’est donné jusqu’à fin 2012 pour achever son programme. A fin mars, c’est-à-dire à mi-parcours, il a déjà atteint 64 % de son objectif global (-32 milliards d’euros par rapport à fin juin 2011 sur les -50 milliards visés, NDLR). En banque de financement et d’investissement (BFI), il a déjà dépassé les 100 %. Dans les autres métiers, la démarche est plus progressive. Le groupe a fait la moitié du chemin en banque de détail, en augmentant les dépôts plus qu’en réduisant les prêts. Pour les services financiers spécialisés, où le levier principal est la baisse de la production, le groupe a réalisé seulement un quart de l’effort (-2 milliards sur -9 milliards, NDLR) mais a mis en place d’autres mesures, notamment la titrisation (-3 milliards supplémentaires).

Le groupe est-il en retard face à Société Générale et BNP Paribas ?

Non, car ces deux concurrents ont concentré leur programme sur la BFI, où il est plus facile de diminuer le financement accordé aux activités de marché ou de vendre les portefeuilles existants.

En matière de bilan en revanche, Crédit Agricole a atteint 91 % de son objectif de baisse des emplois pondérés des risques...

C’est une bonne nouvelle car il avait davantage mis l’accent sur le volet liquidités que sur celui du capital, contrairement à BNP Paribas dont la motivation principale était de renforcer ses fonds propres en prévision de Bâle III. La baisse des encours pondérés permet à Crédit Agricole de renforcer son ratio de fonds propres sans dépendre de la mise en réserve de ses bénéfices qui sont amputés par ses provisions sur la Grèce.

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