L'avis de... Fabrizio Croce, analyste responsable secteur assurances chez Kepler Capital Markets

le 05/05/2011 L'AGEFI Hebdo

« Des marges supérieures à celles de ses concurrents »

Generali est-il bien placé pour Solvabilité II ?

Generali affiche une bonne solidité financière. C’est sans doute la compagnie la mieux positionnée pour Solvabilité II, avec d’excellentes marges. Structurellement, elle est avantagée car orientée vers l’assurance-vie, caractérisée par des garanties peu élevées en faveur des clients, lui permettant de réaliser des marges supérieures à celles de ses concurrents. Generali a toujours privilégié un business prudent et conservateur, qui le pénalise moins du point de vue du profil du risque qu’Axa par exemple. Unique point faible, l’exposition par rapport à ses investissements en Italie. Malgré l’actuelle situation macroéconomique et politique, l’entreprise est obligée d’acheter des obligations italiennes pour couvrir les garanties assurées aux clients de son pays de base.

Que pensez-vous de ses choix stratégiques ?

Au lieu de se focaliser sur des pays émergents très compétitifs, je pense que la compagnie devrait renforcer ses positions dans les marchés solides ou bien dans ceux où elle est déjà forte et qui lui assurent des marges plus importantes, tels la Suisse, la Belgique, l’Allemagne, la France et les pays scandinaves. Dans le secteur bancaire, l’assureur agit de manière optimale avec sa stratégie de rachat de petites banques en exploitant ensuite la puissance de la marque Generali pour créer de la valeur. En revanche, dernièrement, côté acquisitions, il ne s’est guère montré très agressif, surtout en raison des récentes tensions au sein de la gouvernance.

Que faut-il attendre du changement récent ?

Avec une gouvernance ressoudée, la société est désormais prête à faire de grandes acquisitions transformantes. Elle en a les moyens. Pour le reste, l’arrivée de Gabriele Galateri à la présidence aura un impact modérément positif. Il n’y aura plus d’interférences sur le management comme avec Cesare Geronzi, mais il ne faut pas oublier pour autant que le nouveau président reste un homme de Mediobanca.

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