François Monéger, directeur chez Standard & Poor’s

« Des synergies de revenus dans les métiers de l’assurance et de l’épargne »

le 03/04/2014 L'AGEFI Hebdo

« Des synergies de revenus dans les métiers de l’assurance et de l’épargne »

La recherche d’économies est devenue un objectif à part entière des banques. Une réduction de coûts relevée à 950 millions d’euros d’ici à 2016 pour l’ensemble du groupe Crédit Agricole est-elle pour autant justifiée ? Les plans d’économies n’ont rien d’étonnant dans un objectif d’efficacité industrielle. Le groupe Crédit Agricole [Crédit Agricole SA et Caisses régionales, NDLR] en attend 950 millions d’euros d’ici à 2016, dont 410 millions de mesures nouvelles, et un coefficient d’exploitation inférieur à 60 %. Ces économies sont liées à la poursuite du plan de maîtrise des charges engagé en 2012 (« MUST ») et à l’achèvement prochain de l’unification du système d’information des Caisses régionales (« NICE »). Par ailleurs, le groupe vise une progression modérée de son produit net bancaire, de l’ordre de 2 % par an, avec une croissance ciblée selon les métiers et des synergies de revenus dans les métiers de l’assurance et de l’épargne. Les objectifs de solvabilité sont-ils en phase avec le ratio RAC (« risk-adjusted capital ») de Standard & Poor's ? Le niveau de 14 % visé à fin 2016 pour le ratio CET 1 (common equity tier one) du groupe Crédit Agricole est élevé. Ce ratio était de 11,2 % début 2014, mais l’objectif annoncé de 6,5 milliards de résultat net (part du groupe) en 2016 est cohérent avec l’accroissement de 100 points de base par an. Cette trajectoire serait de nature à conforter nos anticipations d’amélioration du capital et d’un ratio RAC atteignant prochainement 7 %. Votre notation du groupe est toutefois assortie d’une perspective négative, dans un contexte de réflexion interne sur sa réorganisation… La perspective négative reflète le risque que le profil financier, en particulier le capital, ne s’améliore pas comme nous le prévoyons. Le résultat net de 5,5 milliards en 2013 a été conforme à nos prévisions et révèle un résultat récurrent solide, après plusieurs exercices affectés par de lourdes pertes exceptionnelles. Mais nous suivons cela attentivement. Par ailleurs, le plan moyen terme n’inclut pas d’annonce surprenante concernant les métiers. Quant à l’éventualité d’une réorganisation, il convient de rester prudent en l’absence d’informations précises.

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