Innovation Financière

Sepamail ou la valeur ajoutée du Sepa bientôt tangible

le 03/04/2014 L'AGEFI Hebdo

Dès cette année, les consommateurs pourront payer leurs factures sur leur banque en ligne : une innovation pratique et économique, surtout pour les créanciers.

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jeudi 3 avril 2014

L'Agefi Hebdo

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La migration au Sepa (single euro payments area) pas même achevée, les banques françaises se préparent à lancer Sepamail. Cette messagerie sécurisée, testée fin 2012 et début 2013, et dont BPCE est l’initiateur, permet aux banques de transmettre les factures des fournisseurs d’énergie, d’eau, de télécommunications… aux banques des consommateurs. Ces derniers, s’ils souscrivent à ce service, sont alors alertés par leur banque, par SMS ou par e-mail, qu’ils ont reçu une demande de paiement. Ils peuvent se connecter à leur banque en ligne ou à leur application mobile-tablette et accepter le paiement. S’ils valident la transaction, un virement Sepa (SCT) est émis vers leur fournisseur. Plus besoin d’envoyer de factures papier, de TIP ou de chèques par La Poste. Sepamail va devenir une réalité dès le deuxième trimestre 2014 pour les clients de Crédit Mutuel-CIC et de BNP Paribas. Il sera disponible dans quatre Banques Populaires à partir du mois de juin puis généralisé à tout le réseau en septembre, tandis que Société Générale, Caisse d’Epargne, Crédit Agricole et LCL le lanceront fin 2014. La moitié des clients particuliers y auront accès dès septembre. A ce jour, seule La Banque Postale n’a pas rejoint Sepamail.eu, la société réunissant les adhérents et dont la vocation est d’accueillir de nouveaux membres. L’intérêt de Sepamail est d’offrir une alternative simple et dématérialisée au titre interbancaire de paiement (TIP) et au chèque. « Sepamail répond aux attentes des particuliers par sa simplicité. Le paiement s’opère en un clic et leur permet de contrôler la facture, la date de paiement et l’accès à leur compte bancaire. Nous estimons qu’un tiers des clients utilisant le TIP ou le chèque pourrait rapidement basculer vers Sepamail, souligne Laurent Ripoche, responsable marketing flux et cash management du groupe Crédit Agricole. Dans un premier temps, la plupart des banques proposeront le paiement immédiat ou à échéance, mais le choix sera probablement plus souple dès que Sepamail sera étendu aux entreprises, pour qui la gestion de la date de règlement est primordiale. » Sécurisation Du point de vue des facturiers, mais aussi des banques, Sepamail représente surtout d’importantes économies sur la gestion sous-traitée ou non des TIP et des chèques. D’abord, les fournisseurs pourront joindre la facture sous format PDF à la demande de règlement. Ensuite, le SCT étant irrévocable, Sepamail sécurise le paiement. Enfin, les banques restitueront aux créanciers des informations qui permettront d’automatiser le rapprochement avec, là encore, des économies à la clé. « Nous souhaitons organiser un groupe de travail avec plusieurs créanciers et une autre banque pour affiner les formats d’échange, les rejets et motifs associés, et ainsi apporter un service conforme à leurs attentes », indique Isabelle Grenier, responsable des produits de paiement chez Société Générale. « Les clients des Banques Populaires équipés du logiciel Turbo Suite Entreprise pourront émettre leurs demandes de règlement directement, et le rapprochement bancaire sera automatisé », ajoute Franck Oniga, directeur du marché entreprises Banque Populaire. Et ce n’est que le début des nouveautés. Sepamail constitue un corpus de règles d’échanges interbancaires qui servira de support à d’autres services d'autant plus facilement que la norme utilisée s’inspire du standard Iso 20.022 des échanges financiers. Outre la demande de règlement (Rubis), première prestation à voir le jour prochainement, la fiabilisation des Iban ou coordonnées bancaires des consommateurs (Diamond) sera vouée à réduire les erreurs ou la fraude pour certains secteurs d’activité comme les télécoms. Elle devrait être disponible en 2015, de même que la signature électronique de mandat de prélèvement (Gemme).  Néanmoins, chaque banque doit réaliser des développements informatiques pour accéder à cette messagerie sécurisée et pour offrir ces services à ses clients. Un investissement significatif qui ne pourra pas s'appuyer sur un interchange unique entre établissements pour des raisons de concurrence. Les banques se verseront donc une commission définie de façon bilatérale. Toutefois, l’économie du système repose sur la facturation des services aux entreprises, voire aux particuliers. Une nouvelle négociation s’engage, qu’il faudra mener avec doigté. 

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