UniCredit cible un nouveau modèle de banque commerciale

le 27/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Multicanal, services aux entreprises, avancée vers l’Europe de l’Est, mais aussi restructuration des réseaux soutiennent le plan du groupe à horizon 2018.

Un modèle de banque commerciale : c’est ce que vise UniCredit à horizon 2018. Cette transformation doit aboutir à une « distribution géographique plus rationnelle des filiales », explique le groupe italien. Celui-ci entend réduire les coûts de 1,3 milliard d’euros dans ses trois marchés principaux : l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche, avec 8.500  suppressions d’emplois, dont plus de 5.700 en Italie, d’ici à 2018 et la réduction de 17 % du nombre d’agences. « C’est la partie du plan que j’ai le plus appréciée : UniCredit est passé à la vitesse supérieure sur la rationalisation des réseaux », estime l’analyste d’une importante maison d’intermédiation. Son plan stratégique a été présenté le 11 mars, en même temps que les résultats 2013 (lire ci-dessous). Pour augmenter ses revenus, UniCredit mise sur sa « position unique dans le 'corporate banking', a annoncé son directeur général, Federico Ghizzoni. Nous serons en mesure d’augmenter de 4,5 % par an jusqu’à 2018 le crédit aux petites et moyennes entreprises ». Le groupe continuera en outre à investir sélectivement en Europe centrale et orientale, considérée comme « un important moteur de croissance » : l’allocation de capital dans cette région passera de 23 % à 30 %. Si UniCredit a mis en vente sa filiale ukrainienne, il entend investir en particulier en Pologne. La banque milanaise a par ailleurs annoncé la mise en Bourse de sa banque en ligne Fineco dès cette année. En gestion d’actifs, qui absorbe « peu de capitaux », souligne-t-elle, elle indique vouloir se renforcer « avec une augmentation des canaux de distribution non captifs ». Et refuse de commenter l’article du Financial Times qui évoque une vente ou une introduction en Bourse de Pioneer Investments (174 milliards d’euros d’actifs), dont UniCredit avait envisagé la cession il y a quatre ans, avant l’arrivée de Federico Ghizzoni. Observateurs sceptiques Les commentateurs soulignent qu'UniCredit devrait désormais envisager sereinement la revue des actifs de la Banque centrale européenne (AQR), mais remarquent que la banque a choisi de présenter le verre à moitié plein. « Le plan stratégique est plutôt brouillon, commente Frédéric Teschner, qui suit la valeur chez Natixis. Il semble qu’avec le nettoyage des comptes, l’avenir se présente sous de meilleurs auspices, mais la présentation est trop succincte. UniCredit n’a pas donné assez de détails sur l’horizon 2018, la profitabilité par division, l’Europe de l’Est… et aussi les crédits non performants. » Concernant les créances douteuses, la première banque italienne a annoncé la création d’une division destinée à écarter un portefeuille de 87 milliards d’euros, qui devra être réduit à 33 milliards afin d’être réintégré en 2018. Le ratio de couverture des prêts douteux revient ainsi à son niveau d'avant-crise en Italie en s’établissant à 52 %. L’isolement des créances douteuses, allié au ménage dans les comptes 2013, a fait bondir le titre UniCredit en Bourse, mais les observateurs restent prudents, voire sceptiques, sur l’efficacité de cette mesure. « Cela reste une opération de façade », assène un analyste londonien, estimant qu’une partie du capital a simplement été dévolue à l’augmentation du ratio de couverture. Par ailleurs, UniCredit va vendre son activité de recouvrement, UniCredit Credit Management Bank, à « un opérateur spécialisé », a-t-elle précisé pour « créer de la valeur ajoutée en favorisant le recouvrement de crédit ». En termes d'objectifs financiers, UniCredit table sur un retour sur fonds propres tangibles (ROTE) de 8 % en 2016, avec un résultat net de 3,6 milliards et des revenus de 24,8 milliards pour l’activité cœur. En 2018, le groupe prévoit un ROTE de 13 %, des revenus de 28,4 milliards et un bénéfice net de 6,6 milliards. Le common equity tier 1 devrait s’établir à 10,4 % en 2016 et à 10,1 % en 2018 (10 % en anticipant pleinement les effets de Bâle 3). Si les analystes estiment, en général, que les chiffres 2016 sont réalistes, ceux de 2018 sont considérés avec davantage de prudence, faute des éléments nécessaires pour comprendre comment ces objectifs seront atteints.

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