Bernardo Sanchez Incera, directeur général délégué de Société Générale

« Notre stratégie en Russie s’inscrit dans une perspective de long terme »

le 27/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Société Générale est montée à 92,4 % du capital de Rosbank en décembre. Avez-vous pris des mesures particulières en Russie dans le contexte géopolitique actuel ? L’ensemble SG Russie (Rosbank, Delta Credit, Rusfinance, Société Générale Insurance, ALD Automotive et leurs filiales) a contribué pour 165 millions d’euros au résultat net part du groupe (RNPG) de 2013 [de 2,2 milliards d’euros, NDLR]. Nous avons 23.000 collaborateurs en Russie, dont une quinzaine d’expatriés. Dans notre scénario central, nous n’imaginons pas de mesures de rétorsions économiques radicales et durables. A court terme, nous ne voyons pas d’impact pour Société Générale à la fois en raison de notre exposition négligeable en Ukraine, mais aussi du fait de notre faible sensibilité au risque de change lié aux tensions sur le rouble, nos clients étant plutôt exportateurs. A moyen terme, nous surveillons de près l’évolution de la situation mais il serait prématuré de tirer des conclusions. Notre stratégie en Russie s’inscrit dans une perspective de long terme. La République tchèque contribue davantage au RNPG. Quel est le dispositif en place ? Sa contribution est en effet de 223 millions d’euros en 2013. Komercni Banka, la troisième banque du pays, est très rentable. Le groupe a un dispositif complet : du crédit à la consommation et de l’assurance en synergie avec le réseau, de la location longue durée et du financement d’équipement, ainsi que sa première co-entreprise avec la Banque de Grande Clientèle et Solution Investisseurs hors de France. Depuis 2011, nos activités de Global Transaction and Payment Services y constituent un point de force pour les flux de nos grands clients internationaux : paiements par cartes, crédit documentaire, cash management… Avec 99 millions de pertes en 2013, la Roumanie n’offre pas les mêmes perspectives…. Après dix années de croissance rapide et rentable, la BRD a souffert de la bulle immobilière qu’a connu la Roumanie, mais c’est une banque solide et le pays commence à renouer avec la croissance. Nous avons bon espoir que le redressement déjà amorcé s’accélère ces prochaines années. En Europe centrale et orientale, nous disposons par ailleurs d’un maillage géographique complet à l’exception de la Hongrie et de l’Ukraine. Dans cette zone, la Pologne présente un potentiel de développement et de synergies. Notre banque d’affaires y sert des clients internationaux mais aussi locaux et Eurobank y a connu une mutation, avec des résultats positifs en 2013, ainsi que l’ajout de l’assurance à sa palette de produits.

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