Une négociation à 55 milliards d'euros qui inquiète Paris

le 27/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Les négociations sur l’Union bancaire ont été conclues à un prix : le report à la rentrée de toute décision sur le partage de la charge de financement du fonds européen de résolution entre banques. L’accord se contente en effet de définir deux paramètres de calcul : la taille (en pourcentage des dépôts garantis inscrits au bilan) et le risque. Or la revue des actifs en cours devrait confirmer que le risque est plutôt logé dans les petites banques. Selon la pondération entre ces deux critères, la contribution des banques françaises – qui font partie des géants européens – risque de varier de quelques milliards… La perspective de financer la restructuration des Landesbanken allemandes ou des caisses d’épargne autrichiennes ne les réjouit guère. « Il est nécessaire que les modalités de calcul soient fondées sur le risque afin d’éviter des transferts de charges indus entre secteurs bancaires européens et les risques de distorsion de concurrence que cela pourrait entraîner », a réagi la FBF après l’accord. Le sujet va revenir sur la table du conseil Ecofin à l’automne. Et dans cette négociation à 55 milliards d’euros, la BCE, qui est en train de passer les actifs – donc les risques – bancaires à la paille de fer, risque de se retrouver dans un rôle d’arbitre.

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