L’avis de... Gildas Robert, actuaire chez Optimind

« L’investissement en actions des assureurs est moins problématique »

le 02/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Compte tenu de la cinquième étude quantitative d’impact (QIS 5), les assureurs doivent-ils se désengager des actions ?

Dans le QIS 5, la Commission européenne a fixé le choc actions à 39 % pour les actions cotées de l’Espace économique européen et de l’OCDE*, et à 49 % pour les autres et le non-coté. Avec le mécanisme d’ajustement symétrique par rapport au marché (dampener), désormais calibré sur trois ans, l’exigence de capital au 31 décembre 2009 revient respectivement à 30 % et 40 %. Pour les engagements de retraite comme le Perp**, le choc a été réduit à 22 %. Solvabilité II prend également en compte les éléments de couverture, qui ont pour effet de réduire l’exposition nette. Au final, l’investissement en actions des assureurs devient moins problématique. D’ailleurs, la réduction de leur exposition nette, aujourd’hui de l’ordre de 5 %, est surtout liée à la crise financière de 2008.

Les obligations d’Etat sont-elles favorisées au détriment des autres actifs ?

Les obligations d’Etat restent les actifs les moins risqués sur les marchés. Elles sont seulement soumises à un choc sur les taux, contrairement aux obligations corporate et sécurisées (covered bonds) qui sont aussi soumises aux risques de spread et de concentration, et donnent lieu à des exigences de capital réglementaire plus élevées. Les assureurs dommages et vie les utilisent largement (les obligations corporate et sécurisées, NDLR) pour couvrir leurs engagements à long terme.

Au final, l’exigence de capital cible (SCR) pilotera-t-elle l’allocation d’actifs des assureurs ?

Le SCR sera un paramètre parmi d’autres. Les décisions d’investissement resteront également guidées par les exigences liées à la gestion actif-passif et les opportunités offertes par les marchés financiers. Solvabilité II ne va pas remettre à plat l’allocation des assureurs, ni exclure un actif en particulier du champ des investissements possibles. A ce titre, la forte reconnaissance des bénéfices de la diversification joue un rôle très important.

*Organisation de coopération et de développement économiques ; **Plan épargne retraite populaire

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