Les assureurs à la traîne sur la captation des données des clients

le 09/10/2019

Les assurés se révèlent plutôt fidèles mais leurs données personnelles pourraient être mieux utilisées, selon Deloitte.

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Bonne nouvelle pour les sociétés d’assurance. Les Français sont – encore – fidèles à leur assureur principal. La première édition du baromètre Deloitte «Les Français et leur assureur», réalisé par Harris Interactive au premier trimestre 2019 à partir d’un échantillon de 3.000 personnes, constate en effet que 78% des personnes interrogées accordent leur confiance à leur assureur. Plus de la moitié des sondés détiennent leur assurance habitation ou auto depuis plus de dix ans et 11 % seulement envisagent de résilier un de leurs contrats dans les six mois. Cette stabilité n’empêche cependant pas, selon le cabinet Deloitte, que les assureurs devront s’adapter pour trouver des relais de croissance.

Un des leviers sur lequel ils pourraient s’appuyer concerne les données personnelles de leurs clients. Sur ce point, les assureurs font face à un paradoxe. Ils éprouvent les plus grandes difficultés à identifier les changements intervenant dans la vie des assurés alors que, dans le même temps, ces derniers se révèlent particulièrement satisfaits des réponses apportées par les sociétés d’assurances face aux changements affectant leur situation. Ainsi, révèle l’étude, seulement 50% des personnes interrogées déclarent les changements de situation importants à leur assureur, et pourtant, ils sont 8 sur 10 à considérer être bien accompagnés sur ces événements de vie. Une perte d’information dommageable pour les assureurs, d’autant que, selon l’étude, les clients sont prêts à partager davantage de données personnelles, si tant est que cela leur rapporte un bénéfice, avec de meilleurs tarifs, ou de meilleurs services.

Pour Deloitte, capter ces données et les exploiter au mieux constituent des éléments cruciaux pour les assureurs. C’est une des raisons pour lesquelles le consultant estime qu’ils ont tout intérêt à s’appuyer pour cela sur des partenaires externes, comme les insurtech, et opter ainsi pour «l’open insuring». «Nous considérons que ‘l’open insuring’ constitue une grande part de l’avenir des assureurs, déclare Hugues Magron, associé chez Deloitte, et ce dans un contexte où les banques, qui disposent de davantage de données sur leurs clients que les assureurs, veulent se développer sur ce secteur». Un des enjeux, pour les assureurs, pourra donc être de se démarquer en devenant des plates-formes de marchés regroupant des services autour de l’assurance. «Certains ont commencé à le faire, même ce modèle économique n’est pas encore clair», précise le consultant.

Source :
Deloitte
Date :
Octobre 2019
Langue :
Français

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