Les assureurs français restent investis dans le charbon

le 16/11/2017

L’ONG Les Amis de la Terre a publié un rapport qui relativise la portée des engagements des assureurs à réduire leur soutien au secteur, notamment du groupe Axa.

Le charbon prend de l’assurance
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Les Amis de la Terre repartent à l’offensive. Après avoir interpellé Axa en avril dernier à l’occasion de son assemblée générale, l’ONG a publié un rapport relativisant la portée des engagements des assureurs à réduire leur soutien au secteur du charbon. L’organisation note en particulier que le groupe Axa, avec 848 millions de dollars (716 millions d’euros) investis depuis 2015, représente 30,7% du total injectés par 32 investisseurs français dans les 120 entreprises les plus agressives en termes de développement de nouvelles centrales à charbon de la liste Global Coal Exit, publiée par l’ONG Urgewald.

Sur le total d’investissements de 2,8 milliards de dollars compilé par le rapport, nourri par les données financières du cabinet Profundo, Axa devance le Crédit Agricole (633 millions de dollars investis depuis 2015), BNP Paribas (336 millions), BPCE (334 millions) et la Société Générale (291 millions). Au sein des assureurs, qui totalisent un tiers des investissements français, Groupama est en deuxième position avec 42 millions de dollars, devant AG2R La Mondiale (18 millions) et Covéa (11 millions).

Au-delà de la question des investissements, les données financières pointe que 11 des 15 principaux assureurs généralistes européens sont encore très fortement engagés dans la souscription des contrats d’assurance indispensables aux entreprises du secteur des énergies fossiles. Concernant le charbon, les lignes bougent tout doucement. «En avril 2017, Axa annonçait répliquer son critère de désinvestissement du secteur du charbon adopté en mai 2015 à ses activités d’assurances, excluant ainsi de ses soutiens assurantiels les entreprises qui tirent plus de 50% de leur chiffre d’affaires du charbon», rappelle l’ONG. Axa, Scor et Zurich, sont pour l’heure les seuls à avoir pris des engagements assurantiels.

L’ONG questionne cependant l’impact réel sur les investissements en actions ou obligations des seuils de 30% ou 50% généralement avancés par les assureurs. «Bien que RWE ne tire que 41% de son chiffre d’affaires de ses activités dans le charbon, et échappe donc à la majorité des politiques adoptées, l’entreprise produit 54% de son électricité à partir de charbon», illustre le travail des Amis de la Terre. En outre, une moitié seulement des 120 développeurs de charbon les plus actifs génèrent plus de 30% de leur électricité à partir de charbon. RWE, qui détient avec le polonais PGE les centrales les plus polluantes d’Europe, a capté à lui seul 27% des investissements français recensés depuis 2015. 

Le charbon prend de l’assurance
Source :
Les Amis de la Terre
Date :
Novembre 2017
Langue :
Français
Pages :
12

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