83% des acteurs financiers traditionnels redoutent les FinTech

le 17/03/2016

Selon une enquête auprès de 544 responsables des services financiers dans 46 pays, les secteurs bancaires et des paiements sont les plus exposés à la menace.

Blurred lines: How FinTech is shaping Financial Services, Global FinTech Report March 2016
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83% des établissements financiers traditionnels craignent de perdre une partie de leurs activités au profit des entreprises innovantes de technologies financières (FinTech), révèle une enquête publiée par PwC mi-mars 2016. Intitulée « Blurred Lines: How FinTech is shaping Financial Services », cette enquête porte sur 544 participants dans 46 pays, parmi lesquels des dirigeants, des responsables de l'innovation, des directeurs de systèmes d'information et des membres de directions générales en charge des évolutions numériques et technologiques dans le secteur des services financiers (paiements, gestion d'actifs et de patrimoine, banque, assurances). D'autres participants ont aussi été sondés tels que des cabinets de conseil, des autorités nationales de surveillance et des établissements financiers internationaux.

Le niveau d’inquiétude est même plus élevé parmi les seules banques où 95% avouent craindre la perte d’une partie de leurs activités au profit des FinTech, poursuit l’étude. Parmi les dirigeants du secteur des services financiers (FS) interrogés, 23% « considèrent que leurs activités seraient en péril face au développement des FinTech ». Une inquiétude avérée par la pression exercée par les FinTech qui, de leur côté, « envisagent pouvoir s'emparer de 33% des activités FS traditionnelles ».

Le secteur bancaire et celui des paiements sont les premiers concernés par la montée en puissance des FinTech, écrivent les auteurs de l’enquête. Les participants issus des secteurs des transferts de fonds et des paiements estiment à 28% leur perte de parts de marché au profit des FinTech au cours des cinq prochaines années, et ceux issus du secteur bancaire 24%. Ce chiffre s'élève à environ 22% pour les secteurs de la gestion d'actifs et du patrimoine et à 21% pour celui des assurances.

Pression sur les marges

La principale menace réside dans la pression exercée sur les marges, poursuit PwC. Selon les deux tiers (67%) des sociétés de services financiers, cette pression constitue la principale menace liée aux FinTech, suivie de la perte de parts de marché (59%) et de la menace croissante pesant sur la sécurité des données (56%). « Via l’innovation, les FinTech introduisent progressivement des améliorations fonctionnelles en rupture qui permettent ainsi de baisser les coûts opérationnels et maintenir la pression sur les marges », analysent les auteurs de l’étude. « À titre d'exemple, la mise en place de plateformes basées sur la technologie du cloud computing permet non seulement la réduction des investissements initiaux, mais aussi celle des coûts de fonctionnement liés aux infrastructures », soulignent-ils.

La technologie Blockchain, définie comme un système de registres distribués, correspond à la prochaine évolution des techniques d’optimisation des processus opérationnels. D’après les experts de PwC, il serait le point de départ d’un nouvel environnement concurrentiel dans le secteur FS où les sources traditionnelles de profitabilité seront menacées et finalement redistribuées au profit des nouveaux opérateurs de plateforme Blockchain. Ainsi, les coûts seraient fortement réduits et la transparence grandement accrue. « Cela ne fait pourtant pas partie des principales priorités des dirigeants interrogés », révèle l’enquête. « Même si la quasi majorité (56%) reconnaît son intérêt, 57% d’entre eux restent hésitants à l’idée de suivre cette tendance ».

Pour travailler ensemble, les FinTech et les entreprises traditionnelles de services financiers devront relever plusieurs défis, estime PwC.  « Le partenariat collectif est la forme la plus répandue de collaboration avec les FinTech, ce qui révèle que les sociétés de services financiers ne sont pas prêtes aujourd’hui à s’associer aux FinTech et à investir massivement dans ces nouveaux acteurs », souligne l’étude. Parmi les défis, 53% des répondants ont évoqué la sécurité informatique, 49% les incertitudes réglementaires et 40% les divergences de modèles économiques.

Les défis de la coopération

Du côté des FinTech, les trois principaux défis sont : les différences de gestion et différences culturelles (54%), les procédures opérationnelles (47%) et les incertitudes réglementaires (43%).

 Dernier constat, les FinTech transforment profondément le secteur en rendant obsolète le rôle d’intermédiaires joué historiquement par les acteurs des services financiers. Au cours des trois à cinq prochaines années, les investissements cumulés réalisés dans les FinTech seraient largement supérieurs à 150 milliards de dollars ; quant aux établissements financiers et aux entreprises de haute technologie, ils sont au coude à coude afin de se faire une place dans la partie.

Blurred lines: How FinTech is shaping Financial Services, Global FinTech Report March 2016
Source :
PwC
Date :
15 mars 2016
Langue :
Anglais
Pages :
36

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