La Société Générale cède ses filiales bulgare et albanaise

le 02/08/2018

La banque de financement et d’investissement a bien résisté, au deuxième trimestre, et publie un résultat net de 1,16 milliard d'euros, en hausse de 9,3% sur un an.

Société Générale
Les résultats de la Société Générale ont bénéficier, notamment, d’un effet de base favorable.
(© Bloomberg)

La Société Générale a fait état jeudi d’un bénéfice net trimestriel meilleur qu’attendu, grâce à la résistance de la banque de financement et d’investissement (BFI), et a annoncé la cession de ses filiales en Bulgarie et en Albanie à la banque hongroise OTP.

Le groupe dirigé par Frédéric Oudéa a clos le deuxième trimestre sur un bénéfice net en hausse de 9,3% sur un an, à 1,16 milliard d’euros, alors que les analystes sondés par FactSet tablaient sur 958 millions, en moyenne.

Cette performance résulte notamment de la baisse d’un point de base du coût net du risque (provisions pour risque de crédits impayés), tombé au niveau très bas de 14 points de base. La Société Générale vise désormais pour l’ensemble de 2018 un coût du risque commercial compris entre 20 et 25 points de base, au lieu d’un objectif initial de 25 à 30 points de base.

Parallèlement, le produit net bancaire (PNB) a crû de 24,1%, à 6,45 milliards d’euros, un niveau, là aussi, supérieur aux 6,21 milliards attendus par le marché. Ce bond résulte notamment d’un effet de base favorable, l’activité du deuxième trimestre 2017 ayant été entaillée par les 963 millions d’euros réglés dans le cadre du litige avec le fonds souverain libyen LIA. Hors éléments exceptionnels, le PNB a augmenté de 1%, d’avril à juin.

Baisse de 1% à 2% du PNB de la banque de détail en France en 2018

Dans la banque de détail en France, les revenus ont diminué de 1,7%, les marges nettes d’intérêt demeurant sous la pression des taux bas au sein de la zone euro. Pour l’intégralité de l’année en cours, le groupe escompte une baisse de 1% à 2% du PNB de la banque de détail dans l’Hexagone, soit un recul moindre que l’an dernier.

En BFI, le PNB a progressé de 0,5%, grâce, notamment, à la résistance du métier de fixed income (taux, changes, matières premières). Ses revenus ont diminué de seulement 1% alors que BNP Paribas a fait état hier d’une chute de 17,4% dans cette activité. La Société Générale a bénéficié dans ce domaine d’une bonne dynamique de croissance aux Etats-Unis et en Asie et d’une volatilité plutôt favorable. Le pôle financement et conseil a également connu un bon trimestre, avec un PNB en progression de 5,2%.

Les revenus de la banque de détail et des services financiers internationaux, qui comprennent notamment l’assurance et la location automobile de longue durée, ont poursuivi leur forte croissance, avec une hausse de 5,4%, dans un contexte de taux porteurs en dehors de la zone euro.

Une moins-value de 27 millions liée à la cession des filiales en Bulgarie et en Albanie

Dans ce pôle, la Société Générale a annoncé ce jeudi la vente de ses filiales de banque commerciale en Bulgarie et en Albanie à OTP, dans le cadre de sa stratégie de cessions d’actifs n’ayant pas une taille critique et présentant peu de synergies avec les autres métiers du groupe. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué mais celle-ci entraîne une moins-value de 27 millions d’euros.

Ces deux opérations, couplées aux récentes cessions de la banque privée en Belgique à ABN Amro et de la participation de Boursorama dans Self Trade Bank à Warburg Pincus, augmenteront le ratio de solvabilité CET1 de 15 points de base environ, en 2018 et en 2019, indique la banque. Celui-ci est ressorti à 11,1% au 30 juin, contre 11,4% fin 2017.

Le groupe, auquel la presse prête l’intention de céder ses filiales en Serbie, au Monténégro, en Macédoine et en Moldavie, ainsi que sa filiale polonaise Eurobank et sa succursale sud-africaine, «fera de nouvelles annonces au second semestre», d’après le document de présentation de ses résultats.

La provision pour litiges a par ailleurs fait l’objet d’une dotation supplémentaire de 200 millions d’euros, ce qui porte son total à 1,43 milliard. Après le règlement des litiges relatifs au LIA et au Libor en juin, le groupe indique dans un communiqué poursuivre «activement» ses discussions avec les autorités des Etats-Unis, en vue de conclure un accord dans le cadre de l’enquête portant sur la violation supposée d’embargos américains, et juge «envisageable» que celui-ci intervienne «dans les prochaines semaines». 

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