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La parole à Michael Clements : Nous sommes “contrarian” !

SYZ Asset Management
le 16/10/2017

L’espace économique européen prend de l’élan et les investisseurs devraient détenir les titres adéquats en dépôt. Toutefois, dans une région aussi vaste et disparate, il n’est pas aisé de dénicher les bonnes actions. Un défi relevé par Michael Clements et son équipe.

La parole à Michael Clements : Nous sommes “contrarian” !

Parlons d’abord de votre philosophie d’investissement.

Nous misons clairement sur une approche collaborative. Nous sélectionnons nos titres de manière ciblée après une recherche primaire et une analyse fondamentale approfondies. Nous misons sur des idées d’investissement non conformistes, avec un horizon de placement de trois à cinq ans. Nous nous focalisons sur les entreprises de haute qualité qui traversent de légères difficultés passagères ou amorcent une phase de redressement. Pour minimiser les risques de repli, il est impératif d’avoir une connaissance approfondie des sociétés et de leur environnement de marché, et d’effectuer des analyses de scénarios afin d’évaluer les répercussions des événements négatifs éventuels. Les portefeuilles sont constitués de manière à exploiter les opportunités pendant toute la durée d’un cycle d’investissement.

Vous parliez tout à l’heure de qualité des entreprises. Selon vous, quelles sont les entreprises de qualité ?

Celles dont le modèle commercial repose sur un avantage concurrentiel durable. Une grande marque connue, par exemple. Ces entreprises jouissent souvent d’une position dominante sur le marché ou d’un certain leadership en matière de coûts. Elles affichent en outre des bilans sains.

De quoi faut-il se méfier lorsque l’on mène une approche à contre-courant ?

Pour surperformer le marché, il faudrait disposer de meilleures informations, ce qui en réalité n’est guère possible dans la plupart des segments. En revanche, ce qui aide, c’est d’avoir un horizon lointain, car cela laisse aux idées d’investissement le temps de produire les résultats escomptés. Acheter lorsque les cours sont bas, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il faut être patient et faire un travail préparatoire d’analyse en attendant le moment opportun. Il faut attendre – souvent des années – que le reste du marché change d’avis et s’aperçoive que telle entreprise est un investissement attractif. Mieux vaut également éviter les « value traps », ces titres dont le faible prix est justifié, par exemple lorsque les conditions-cadres des entreprises émettrices se dégradent pour des raisons structurelles. Un gérant d’actifs doit aussi connaître les moteurs de performance ainsi que la qualité du bilan de l’entreprise, et simuler des « worst case scenarios » détaillés.

Malheureusement, les entreprises de qualité qui génèrent un cashflow important ne tombent pas du ciel.

En effet. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre pourquoi une entreprise semble bon marché à un moment donné. En principe, cela peut être le cas pour trois raisons. Tout d’abord, il se peut que le moral des investisseurs soit en berne vis-à-vis d’un pays ou d’un secteur particulier, comme ce fut le cas de l’Espagne après 2008. Deuxièmement, la confiance peut baisser pour des raisons cycliques, par exemple lors d’un mouvement de fuite vers la sécurité où les investisseurs délaissent les marchés actions. La troisième raison est liée à l’entreprise elle-même et à son modèle commercial, comme expliqué auparavant.

Si l’on examine le cycle de la confiance : quels sont les facteurs marquants ?

Le Brexit et l’économie italienne sont des exemples de phase de relâchement. Un autre exemple serait celui des pays émergents, qui commencent à reprendre des couleurs et se dirigent vers une phase de développement. Il en va de même des cours pétroliers, du secteur européen de la construction et des entreprises concernées. Pour l’investisseur à contre-courant, les signaux de vente passent au vert lorsque la confiance a atteint son niveau le plus élevé du cycle. La plupart du temps, cela se produit lorsqu’un secteur ou un marché est évalué positivement dans l’ensemble, ou quand la valorisation des actions est jugée correcte. Selon nous, c’est en ce moment le cas du secteur automobile.

D’où vous viennent vos idées d’investissement ?

Là encore, c’est le fruit de la collaboration de l’équipe. Les membres de l’équipe ont des idées en participant à des conférences sectorielles, en rencontrant les entreprises ou en effectuant des analyses – par exemple sur des chaînes de création de valeur, ou sur des bilans, bien sûr. Dans le cas des analyses de bilans, nous nous demandons si une société pourra générer des liquidités tout au long du cycle, si le bilan est stable et pérenne et si l’entreprise fait preuve de dynamisme sur son marché. Les short-lists fournies par les gérants de hedge funds nous donnent aussi des renseignements importants. Une fois terminée la deuxième étape du filtrage, l’analyse détaillée peut commencer afin de répondre à la question de la valorisation et donc du risque baissier.

On peut supposer que vous gérez les risques de manière stricte, y compris pour vos portefeuilles dits « high conviction ».

Oui. Nous nous focalisons inlassablement sur le risque de perte, ce qui nécessite une compréhension approfondie des sociétés, de leur modèle commercial et de leur environnement de marché. Les tests de résistance et les « worst case scenarios » en font également partie, tout comme les analyses de valorisation, qui permettent d’établir si un prix est injustifié. Pour les titres déjà en portefeuille se pose naturellement la question du timing de sortie optimal. Nous surveillons aussi bien sûr les risques de portefeuille tels que les corrélations indésirables et à l’accumulation des risques.

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