Pékin fourbit ses armes contre le risque systémique bancaire

le 29/12/2015

La Banque populaire de Chine a annoncé l'entrée en vigueur d'un cadre macro-prudentiel d'évaluation du risque plus complet dès 2016.

Pékin fourbit ses armes contre le risque systémique bancaire

La Banque populaire de Chine (PBOC) a annoncé, mardi 29 décembre, la mise en place en 2016 d’un nouveau cadre macro-prudentiel d’évaluation du risque systémique des banques, leurs actifs étant de plus en plus diversifiés. Reposant sur l’observation des ratios d’adéquation des fonds propres et de levier des banques, ce nouveau cadre inclura notamment les investissements en obligations et en actions et non plus seulement les encours de crédits comme c’est le cas actuellement, a précisé la PBOC dans un communiqué. Elle indique aussi qu’elle surveillera étroitement le pricing des taux d’intérêt des institutions financières utilisant le système, ce qui devrait aider à réduire les coûts financiers.

Ces nouvelles dispositions «amélioreront encore le cadre général de la politique macro-prudentielle, préserveront mieux du risque systémique, joueront un rôle contra-cyclique et s'adapteront à la tendance à la diversification des actifs», explique l'institut d'émission.

L’évaluation «changera son focus sur les crédits pris en compte selon une définition étroite pour un champ d’observation des crédits pris dans un sens plus large», précise la Banque populaire qui fait allusion au mécanisme d’évaluation qui avait été introduit en 2011. Outre les investissements en obligations et actions, les rachats d’actifs financiers vendus habituellement entreront dans ce champ, souligne la PBOC en référence aux actifs hors bilan des banques.

Si la Banque centrale porte la responsabilité globale de la gestion de la croissance du crédit, des niveaux de liquidité et du risque systémique, la prise en compte des paramètres reflétant plus spécifiquement la finance parallèle pour le calcul des ratios de capital des banques relève davantage de la compétence de la Commission de régulation des banques de Chine (China banking regulatory commission, CBRC). Celle-ci fixe les ratios de capital minimum des banques. «Cela indique un repositionnement de la PBOC», a commenté Zhao Yang, l’économiste en chef pour la Chine de Nomura à Hong Kong. «Une partie des compétences mentionnées, comme le ratio d’adéquation des fonds propres et le pricing de taux, est actuellement couverte par l’autorité bancaire. En les intégrant au travail quotidien de la PBOC, celle-ci semble être investie d’un rôle plus large», dit-il.

La PBOC a également indiqué dans son communiqué qu’elle créera un environnement monétaire et financier favorable à la réforme structurelle.

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