La Société Générale est poursuivie en justice par Northern Rock

le 13/08/2014

La banque britannique accuse la Société Générale de l'avoir trompée sur la qualité des subprimes et lui réclame des dommages et intérêts.

Un tribunal américain a refusé, mardi 12 aout, de classer sans suite une plainte de la banque britannique Northern Rock qui accuse la Société générale de l'avoir trompée sur la qualité de prêts immobiliers à risque, « subprime », qu'elle lui avait vendus, selon des informations de l’AFP. Cette accusation ouvre la voie à un jugement contre la banque française, avec à la clé une possible amende de 34 millions de dollars.

Contactée, la Société Générale n’a pas souhaité commenter ces informations.

Selon des documents judiciaires diffusés mardi 12 août, le juge new-yorkais Melvin Schweitzer estime que Northern Rock, sauvée de la débâcle des « subprime » par l'Etat britannique, dispose d'éléments « suffisants » pour attaquer en justice la Société Générale pour fraude. La banque française qui a augmenté de 200 millions d'euros le montant de sa provision collective pour litiges à 900 millions, peut encore éviter un procès en concluant un accord à l'amiable. En cas de procès, ce dernier n'aurait pas lieu avant 2015, précise l'avocat de Northern Rock.

Dans le détail, Northern Rock accuse la banque de financement et d'investissement de la Société Générale, SGCIB, de lui avoir vendu en juin 2007 des prêts immobiliers toxiques titrisés (Residential mortgage-backed securities) et CDO, obligations adossées à un actif, en l’occurrence, ici, immobilier.

La banque britannique a fait valoir que la Société Générale savait pertinemment que certains emprunteurs étaient insolvables. La banque française s'est toujours défendue, arguant que les pertes essuyées par Northern Rock étaient dues à l'effondrement général du marché immobilier américain.

Par le biais d’une politique de prêts particulièrement risquée, Northern Rock s'était hissée parmi les premiers établissements bancaires du Royaume-Uni. Ce bel édifice s'est écroulé comme un château de cartes dès septembre 2007, emporté par la crise des subprimes. La banque a été nationalisée en 2008, avant d'être vendue en 2011 à Virgin Money, filiale de Virgin Group.

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