Le modèle économique des banques régionales allemandes est appelé à évoluer

le 30/05/2014

Si les banques allemandes ont bien résisté à la crise de la zone euro, les structures régionales se montrent vulnérables.

Les Landesbanken font l’objet d’une pression certaine de la part de la Banque centrale européenne qui scrutera les bilans des banques centrales régionales allemandes à l’occasion de l’Asset quality revue (AQR), un passage en revue de la qualité des actifs des 128 plus grands établissements de la zone euro. Depuis l’article publié par l’Agefi Hebdo le 20 mars dernier (n°413), force est de constater que le sujet fait toujours l’actualité. Le 17 avril, Michael Kemmer n’a pas exclu dans l’Agefi hebdo que, « pour des raisons politiques, certaines banques allemandes se révèlent sous-capitalisées aux yeux de la BCE ». Autre constat, confrontées à la nécessité de restructurer leurs bilans lestés de créances douteuses, sous la pression de la Commission européenne, ces établissements ont affiché des comptes 2013 dégradés. Pour mémoire, Jörg Rocholl, professeur et président de l'European School of Management and Technology de Berlin a révélé dans une interview que « les Landesbanken n'ont pas de modèle économique, de modèle qui leur permette de générer du profit. Ne pouvant grandir en Allemagne dans la banque de détail, qui est le domaine des Sparkassen, elles se sont développées à l'international, dans des activités spéculatives telles le marché américain du subprime. Elles ont donc enregistré des pertes énormes en 2008-2009, qui ont été couvertes par les Sparkassen, les Länder et le gouvernement fédéral. Les pertes de WestLB auraient, à elles seules, atteint 20 milliards d'euros d'après les estimations ! »

 

Même son de cloche de la part de l’Organisation  de coopération et de développement économique (OCDE) qui a publié récemment un rapport sur l’état de l’Allemagne pour souligner entre autres l’état de ses banques régionales. « Les banques allemandes ont bien résisté à la crise de la zone euro, mais restent vulnérables. Des risques potentiels sont associés à la faiblesse des taux d’intérêts et à leur forte exposition aux produits dérives. Ces risques potentiels sont aggravés par le niveau élevé d’endettement des plus grandes banques du pays, et par la façon dont sont perçues les garanties que l’Etat continue de leur accorder. L’expansion du crédit demeure faible ».

Interrogé sur l’Agefi Tv sur la revue des actifs, David Benamou, associé et responsable des investissements d’Axiom AI est revenu entre autres sur les conséquences de l’AQR en rappelant par exemple qu’une consolidation du secteur est attendue au même titre qu’une élimination des doublons existant au plan local. Il a également évoqué le fait que les banques dont le modèle est appuyé sur la transformation, à savoir financer à court terme et prêter à long terme ne peuvent plus fonctionner dans le cadre de la mise en place de Bâle 3 qui « empêche très largement » de maintenir ces modèles.

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