Le Crédit Agricole axe son plan 2016 sur la recherche d'efficacité

le 20/03/2014

Les prévisions de croissance des revenus sont particulièrement modestes pour les réseaux en France. Le groupe mise sur les synergies et la réduction des coûts

Le Crédit Agricole présente son plan stratégique.

Jean-Paul Chifflet, le directeur général de Crédit Agricole SA (CASA), l'organe coté, a d'emblée annoncé la couleur à l'occasion de la conférence de presse de présentation du plan 2016 du groupe Crédit Agricole : «Il ne s'agit pas de surprendre, mais de confirmer, de conforter» la stratégie de la banque verte, après la profonde transformation qu'elle a subie ces dernières années, entre la crise financière de 2007-2008 et celle de la zone euro en 2011.

Après le recentrage draconien opéré autour de la banque et l'assurance de proximité, les prévisions de croissance du produit net bancaire (PNB) du groupe sont particulièrement modestes : +1% par an environ pour les caisses régionales (soit un PNB de 15,5 milliards d'euros en 2016) et +2% pour le groupe Crédit Agricole - dont +2,5% pour CASA (qui intègre les filiales métiers comme la banque de financement et d'investissement CA CIB, le gestionnaire d'actifs Amundi et l'assurance). A titre de comparaison, BNP Paribas anticipe une progression annuelle de ses revenus - déjà considérée comme peu ambitieuse - de 3,5% au cours de la même période.

Il faut en outre souligner que la (modeste) croissance du groupe Crédit Agricole ne provient pas du cœur de son moteur (les caisses régionales) : elle sera essentiellement portée par le réseau international (+7% par an, notamment en Italie et en Pologne) et l'assurance (+6% de chiffre d'affaires, soit +4% reconverti en PNB). Le plan anticipe une croissance du PNB de 3% pour CA CIB (notamment grâce aux activités sur les marchés obligataires, avec un rendement des fonds propres tangibles de 12%) et de 2% pour Amundi.

La filiale de gestion compte atteindre 1.000 milliards d'euros d'actifs sous gestion (contre 777 milliards fin 2013), dont un tiers par croissance organique et deux tiers via des acquisitions «si les conditions sont réunies», précise Jean-Paul Chifflet. S'il a refusé de citer des cibles potentielles, une source haut placée a confirmé à L'Agefi que le dossier Pioneer serait regardé de près si UniCredit se décidait à mettre sa filiale de gestion en vente. En revanche, aucune acquisition à attendre dans les autres métiers du groupe.

En réalité, c'est surtout sur l'efficacité que se concentre ce plan à moyen terme. En deux mots : économies et synergies. En plus des réductions de coûts prévues à l'origine par les programmes MUST et NICE (au niveau des caisses), 410 millions d'euros de nouvelles baisses de charges ont été identifiées. Ce sont en tout 950 millions d'économies qui sont attendues d'ici à 2016, de quoi réduire le coefficient d'exploitation du groupe de 2 points (à 60%) et celui des caisses de 3 points (à 54%).

En terme de synergie, le groupe veut accélérer les collaborations entre ses différents métiers, dont l'épargne et l'assurance constitueront le socle. Alors que les synergies de revenus ont généré 7,2 milliards de PNB en 2013, elles seront augmentée de 850 millions en 2016.

Ces mesures devraient donc permettre au Crédit Agricole de voir sa rentabilité progresser à un rythme plus soutenu que ses seuls revenus : il prévoit un résultat net supérieur à 6,5 milliards d'euros en 2016, contre 5,14 milliards en 2013. Pour CASA, l'objectif est fixé à 4 milliards, soit un rendement des fonds propres tangibles de 12% (comme BNP Paribas). Ce coussin de bénéfices permet aux dirigeants d'envisager un taux de distribution des dividendes de 50% en 2016.

De quoi assurer une solvabilité confortable au groupe. L'objectif de ratio de fonds propres durs CET1 sous Bâle 3 a été fixé à 14% pour le groupe (contre 11,2% au 31 janvier 2014) et à 10,5% pour CASA (contre 8,3% aujourd'hui).

Des mesures plus détaillées seront communiquées aux analystes aujourd'hui.

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