L'Autorité bancaire européenne veut harmoniser le calcul des risques bancaires

le 07/08/2013

Dans son rapport publié lundi, le régulateur pointe les divergences entre superviseurs nationaux et au sein des modèles internes des banques

L’harmonisation du calcul des actifs pondérés du risque (ou risk-weighted assets, RWA) par les banques continue de mobiliser les régulateurs internationaux. Après le Comité de Bâle début juillet, c’est au tour de l’Autorité bancaire européenne (ABE) de s’y pencher. Le régulateur a publié lundi son second rapport sur la manière dont les établissements calculent, à partir de leur modèle interne, les risques associés à leur exposition aux dettes souveraines et aux grandes entreprises les plus solides – généralement réunies sous le vocable low default portfolios (LDP), ou portefeuille à faible probabilité de défaut. L’enquête a été menée auprès de 35 banques issues de 13 pays de l’Union.

L’ABE estime que les écarts observés proviennent moins d’une volonté délibérée de la part des banques de sous-estimer les risques, que de différences de méthodes et de disparités entre les réglementations nationales. Le régulateur a ainsi relevé des divergences dans l’application des modèles internes aux contreparties des LDP, dans la définition des probabilités de défaut et la perte en cas de défaut (loss given default) pour une exposition identique à une contrepartie, ainsi que dans la définition même de défaut.

D’autres différences apparaissent dans l’utilisation du paramètre de maturité. Enfin, les choix propres à chaque modèle interne et les critères imposés par les superviseurs nationaux – par exemple sur les scénarios macroéconomiques servant à déterminer les pertes en cas de défaut – sont autant d’obstacle à l’harmonisation. Certains régulateurs accordent un degré de souplesse important dans la manière dont les établissements marient modèle interne et approche standard, laquelle n’associe aucun risque à la dette souveraine.

L’ABE a énoncé des propositions pour harmoniser le calcul des actifs pondérés. L’information publiée par les superviseurs et la transparence des banques à l’égard des RWA mériteraient d’être étoffées. L’autorité appelle les établissements à davantage de rigueur dans la validation et le suivi de leur modèle interne. En outre, des normes techniques et des indications supplémentaires pour les LDP seraient les bienvenues. L’ABE précise que «des superviseurs nationaux appliquent déjà certaines mesures tirées de cette étude».

D’ici la fin de l’année, l’autorité compte achever son étude comparative du risque de marché dans les livres de trading des banques et publier son examen des RWA pour les PME et les créances hypothécaires résidentielles.

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