Les banques espagnoles au bord de l'asphyxie

le 14/08/2012

Alors que leur plan de sauvetage est en préparation, les établissements de crédit ont dû emprunter la somme record de 402 milliards d’euros à la Banque centrale européenne en juillet, 10% de plus qu'en juin, ce qui pèse un peu plus sur l'Etat espagnol lui-même au bord de la détresse.

Les banques espagnoles au bord de l'asphyxie

Les banques espagnoles ont

emprunté la somme record de 402 milliards d’euros à la Banque centrale

européenne (BCE) en juillet, signe qu’elles n’ont jamais été autant dans l’incapacité

de faire appel aux marchés de capitaux. Leur situation amplifie la pression sous laquelle ploie déjà Madrid qui voudrait bien éviter un appel au secours à la zone euro pour sortir son économie fragilisée de ses difficultés.

Les emprunts des banques ont

excédé de 10% ceux réalisés en juin, selon les données publiées mardi par la Banque

d’Espagne. En Espagne, seuls les poids lourds bancaires menant des opérations internationales comme Santander ou BBVA semblent passer au travers des difficultés et sont en mesure d'emprunter sur les marchés. Le cercle vicieux de la charge de la dette et les conséquences de la

bulle immobilière domestique, qui a éclaté en 2008,  sur les bilans bancaires, interdisent à certains

réseaux bancaires l'accès aux marchés obligataires. L’utilisation de la facilité auprès de la

BCE a fortement augmenté cette année, comparés aux 161milliards d’euros empruntés en

janvier. Le quasi triplement des besoins en juillet fait suite à la promesse de l'Europe d’accorder un plan

de secours aux établissements de crédit espagnols. Celui-ci doit encore être mettre en œuvre, et porte sur un montant maximum de 100

milliards d’euros. Par comparaison, la situation en Italie semble moins dramatique avec des banques qui ont obtenu 283 milliards d’euros de fonds BCE en

juillet, contre 281 milliards en juin, selon les données de la Banque d’Italie.

 L’une des causes probables de la

hausse des emprunts effectués par les banques espagnoles en juillet tient dans l’alourdissement  des charges que certaines chambres de

compensation ont prélevées sur les transactions sur les obligations émises par Madrid dans lesquelles beaucoup de banques domestiques ont investi afin de les utiliser

comme collatéral pour se fournir en liquidités. LCH.Clearnet, l’une des chambres de

compensation les plus importantes d’Europe, a augmenté le coût sur le recours à

la dette espagnole comme collatéral en raison d'une série de

dégradations des notes de la dette du royaume.

Beaucoup d’investisseurs  craignent que la restructuration du système

bancaire  tout comme l’assainissement des

comptes publics en pleine récession, soit hors de portée du gouvernement. Ils

s’attendent à ce que le pays sollicite une aide d’ensemble en plus du plan de

secours aux banques.  Pour sauver ses établissements de credit, Madrid fait vendre leurs actifs toxiques,

notamment immobiliers, à une “bad bank ». Le ministre de l’économie, Luis

De Guindos,  a expliqué lors d’une

interview à ABC newspaper le 7 août, que son gouvernement  adopterait un décret royal le 24 du même mois

présentant le fonctionnement de la "bad bank". Selon un  Mou (Memorandum of Understanding),  prévu par le plan de secours aux banques, cette structure sera pleinement opérationnelle en novembre

2012.

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