BNP Paribas reste dans le vert

le 15/02/2012

Photo: PHB/Agefi

BNP Paribas a annoncé ce matin un bénéfice net divisé par deux au quatrième trimestre, à 765 millions d'euros, en raison notamment d'un nouveau provisionnement sur la Grèce et d'une nette contraction de ses bénéfices dans la banque de financement et d'investissement. La banque française indique avoir passé une charge supplémentaire de 639 millions d'euros dans ses comptes du dernier trimestre 2011 sur la dette publique grecque, portant sa décote sur la Grèce à 75%.

Les résultats de BNP Paribas se révèlent toutefois supérieurs aux attentes des analystes interrogés par Reuters dans la mesure où ces derniers tablaient en moyenne sur des pertes plus importantes dans les activités de marchés et d'investissement, à l'image de ce qui est ressorti des résultats de Deutsche Bank. Dans la BFI, où la banque a subi pour 510 millions d'euros de pertes sur des cessions de dettes souveraines au quatrième trimestre, BNP Paribas table pour cette année sur de nouvelles charges exceptionnelles de 850 millions d'euros liées à des cessions d'actifs et à la restructuration de ses activités.

Dans un entretien à Reuters Insider, le directeur général de la banque, Jean-Laurent Bonnafé estime, à propos des perspectives 2012, qu'«il y aura une sorte de stabilisation de la situation de la zone euro. (...) Bien entendu, il y aura une sorte de ralentissement (économique, NDLR) en Europe cette année, mais pas de récession».

Si la banque confirme avoir participé à la première opération exceptionnelle de liquidité à trois ans de la Banque centrale européenne (BCE) de décembre, la décision de participer à la seconde opération de fin février n'a en revanche pas été prise, fait aussi savoir Jean-Laurent Bonnafé. «Cela dépendra des circonstances, des conditions». La banque précise cependant que les banques n'ont pas vocation à acheter de la dette souveraine à travers ces opérations. «L'idée du LTRO (opération de refinancement à long terme, NDLR) n'est pas de financer la dette souveraine», souligne Jean-Laurent Bonnafé. «Cette facilité est supposée être donnée aux banques pour leur permettre de financer l'économie».

Alors que la banque est engagée dans un plan de réduction de bilan et de restructuration de sa banque de financement et d'investissement, elle écarte toute cession de sa filiale américaine BancWest et dit que sa filiale Klépierre n'est pas à vendre.

BNP Paribas, qui va verser un dividende en baisse à 1,20 euro par action, estime également avoir atteint avec six mois d'avance les objectifs de recapitalisation fixés par les régulateurs européens, avec un ratio de fonds propres de 9,6% à fin 2011. L'Autorité bancaire européenne (ABE) a en effet exigé des banques européennes qu'elles atteignent 9% de fonds propres à fin juin 2012.

A la Bourse de Paris, avant l'annonce de ces résultats, l'action BNP Paribas a terminé hier en repli de 2,36% à 33,51 euros. Depuis le début de l'année, le titre a progressé de 10% après avoir chuté de 36% en 2011.

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