Dossier

Le nouveau paysage de l'épargne

Les Français, l’épargne et les marchés financiers, selon BlackRock
Les Français, l’épargne et les marchés financiers, selon BlackRock

L'allocation de l'épargne est au centre d'un débat aux multiples enjeux dans un contexte de taux très faibles alimenté depuis mars 2015 par le Quantitative easing (QE) de la Banque centrale européenne. 

Echaudés par la crise qui a frappé la zone euro en 2011 - 2012, les épargnants se sont éloignés des actifs risqués qui sont aussi les plus proches de l'économie réelle qui souffre du manque d'investissements productifs.

Fin mars 2018, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, a annoncé une «simplification drastique» des contrats euro-croissance dans le cadre de la loi PACTE. Les assureurs ont en outre eu la promesse d’une mise en place de nouveaux contrats euro bonifiés. Au chapitre de la retraite, le ministre a promis début avril une "transformation en profondeur de l'épargne retraite", dans un but de simplification (harmonisation réglementaire et fiscale, transférabilité ...). 

En novembre 2013, le gouvernement a réformé l'assurance-vie en   en créant le contrat d'assurance vie eurocroissance qui favorise le financement des entreprises en organisant une garantie du contrat à son terme en lieu et place d'une garantie permanente des fonds euros. Début mars 2014, il a lancé son PEA-PME qui crée un compartiment dédié aux PME et aux ETI. 

Le livret A , qui a longtemps illustré l'aversion des épargnants pour le risque, perd de son lustre en raison de la faiblesse de l'inflation. En mai 2012, son plafond a été augmenté de moitié (en deux temps de 25% du plafond le 1er octobre 2012 puis une nouvelle foi le premier janvier 2013 de 19.125 euros à 22.950 euros).  Le LDD a connu le même traitement. L'assurance-vie, qui connait une évolution fluctuante depuis 2012, reste un des produits phares en France. Les grands perdants des arbitrages des épargnants sont les comptes sur livrets fiscalisés. 

Facteur aggravant , avec les dispositions Bâle III et ses nouvelles exigences en matière de liquidité, les réseaux bancaires se sont lancés dans une course aux dépôts. D'où une floraison de livrets bancaires et de comptes d'épargne. "Les fournisseurs de produits financiers vont devoir s'adapter. Les nouvelles règles prudentielles devraient avoir un impact fort sur la gamme de produits offerts", a expliqué Fabrice Pesin, secrétaire général adjoint de l'ACP (Autorité de contrôle prudentielle) lors du colloque de l'AMF et de l'ACP le 11 mai 2012. Mais qu'en sera t-il du livret A et de l'assurance-vie, produits vedettes en France mais qui « ne sont pas naturellement compatibles avec ce que demande le régulateur dans Bâle III», a fait observé François Villeroy de Galhau, lors du colloque.

Autre paramètre, la fiscalité a jusque là plutôt favorisé l'épargne à court terme, en France, avec des formules en grande partie éxonérées (Livret A, Livret de développement durable, Livret d’épargne populaire, Compte épargne logement), face à des produits moins avantageux fiscalement et à plus forte contrainte temporelle  (Perco, assurance vie, Plan d'épargne en actions). Un rapport publié en novembre 2012 lors des Assises nationales du financement du long terme, a exhorté l'Etat à prendre des mesures pour favoriser l'épargne longue, à mettre fin aux changements incessants de régime fiscal et à répondre aux besoins de financement de l'économie réelle.