Dossier

L’Italie de nouveau face à son instabilité politique

Drapeau italien flottant devant le Palais Chigi, siège du gouvernement, à Rome.
Drapeau italien flottant devant le Palais Chigi, siège du gouvernement, à Rome.
(Photo DR.)

L'Italie est de nouveau entrée dans une phase politique difficile avec les élections générales du 4 mars 2018. Qui pour prendre la tête de l’Italie après les années Renzi?

La troisième économie de la zone euro se porte mieux sur le plan conjoncturel, mais elle se trouve encore dans une phase délicate, avec une dette publique de 2.280 milliards d’euros (134 % du PIB !), assortie de plus de 170 milliards d’euros de prêts non performants inscrits aux bilans des banques de la péninsule. Sur le terrain social, la situation reste dégradée avec un taux de chômage de 10,8 % de la population active.

Après la précédente phase critique liée au référendum de décembre 2016, ont émergé ces derniers mois trois formations : le mouvement 5 Etoiles (M5S), avec un programme éclectique qui emprunte à gauche et à droite ; la coalition de droite qui promet la stabilité ; et la gauche qui essaie de défendre le bilan de Matteo Renzi, l’ancien président du Conseil. « Aucun ne gagnera », explique Carlo Pasqualetto, conseiller municipal à Padoue, cité par l'Agefi Quotidien (édition du 22 février 2018), qui ne voit aucun mouvement politique obtenir une majorité suffisante. Le M5S flirte avec les 30 % d’intentions de vote, la coalition de droite s’approche des 35 %, tandis que la gauche plafonne autour de 27 %.

Pour former une coalition, un scénario possible est l’explosion du groupe de droite, où le parti Forza Italia pourrait abandonner la Ligue du Nord et se rapprocher de la gauche. Un gouvernement de type technocratique en serait issue, dont le but premier serait de maintenir la stabilité et d’éloigner les extrêmes – le M5S et la Ligue du Nord. Pour la gauche, un tel scénario serait une aubaine. Le Parti Démocratique (PD), un temps porté par la popularité de Matteo Renzi, a toutes les peines désormais à convaincre les électeurs.

Qu’il reste avec la Ligue du Nord ou qu’il tente une alliance avec la gauche, Forza Italia restera l’acteur central. Le parti, qui veut flexibiliser le marché du travail et diminuer les impôts, se présente comme le garant de la stabilité italienne, voire européenne.