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Les enjeux capitaux du Brexit pour l’Europe

Les enjeux capitaux du Brexit pour l’Europe
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La décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne, lors du référendum historique de jeudi 23 juin 2016, ouvre une ère de profondes incertitudes. Après l'activation, le 29 mars 2017, de l'article 50 du Traité sur l'Union européenne, la négociation sur les modalités du divorce a officiellement été lancée le 19 juin. Elle n'a abouti que le 8 décembre 2017, ouvrant la voie aux discussions sur les futures relations entre les deux parties.

L'un des points centraux concerne le passeport paneuropéen que les acteurs financiers britanniques craignent de perdre. Un autre dossier sensible porte sur les conditions de la compensation des produits financiers libellés en euro et sur la supervision sous laquelle doivent être placées les Chambres de compensation qui en sont chargées.

Pour les places financières continentales, l'heure de la réorganisation a sonné.  La Commission envisage notamment de profiter du rapatriement du siège de l’Autorité bancaire européenne (EBA), actuellement à Londres, pour chercher "certaines synergies" entre les différentes instances de supervision. Francfort abriterait une autorité couvrant banques et assurances, tandis que l’autorité des marchés à Paris verrait son rôle étendu à la protection des consommateurs.

En tout état de cause, selon l'article 50,  la séparation entre l'UE et le Royaume Uni ne sera effective qu'après un délai de deux ans après lesquel les deux parties sont censées parvenir au nouveau cadre de leurs relations, où à son ébauche.

En attendant les grands investisseurs s'interrogent sur l'opportunité de maintenir tout ou partie de leurs intérêts sur le sol britannique. Certaines grandes banques comme HSBC ou JP Morgan ont laissé entendre, dès avant le résultat du référendum, qu'elles se délocaliseraient en cas de Brexit vers le Continent. Dès lors l'étoile de la City, clé de voûte de l'économie de services britannique, va-t-elle à briller avec autant d'éclat à l'avenir? Les places financières des Etats membres de l'UE sauront-elles tirer profit de ces bouleversements? 

Les questions sont nombreuses. Quelles seront les conclusions de ces  négociations complexes? Les marchés auront la patience d'en attendre calmement l'issue? D'autres pays membres seront-ils tentés de suivre la voie du Royaume-Uni? Et surtout quel sera l'impact politique et économique sur l'Union européenne et la zone euro?