Dossier

L’Europe cherche un nouveau souffle

L’Europe cherche un nouveau souffle
(Crédit European Union)

La Commission européenne a soumis aux Etats membres, fin mai 2017, une feuille de route visant à renforcer l’Union économique et monétaire, dont les faiblesses ont été mises au jour lors de la crise de la dette (2011-2012), puis avec la montée de l'euroscepticisme illustrée par le Brexit. Face au risque populiste, Bruxelles tente de renouveler son image comme l'a illustré Margrethe Vestager, la commissaire européenne chargée de la Concurrence, en infligeant une sévère amende à Google fin juin, ou encore Angela Merkel, la Chancelière allemande, qui n'a pas fermé la porte aux propositions d'Emmanuel Macron, élu président en mai,  pour renforcer la zone euro.

Dans son nouveau document, Bruxelles préconise notamment de compléter, d’ici à 2019, l’Union bancaire et de renforcer l’Union des marchés de capitaux. La Commission souhaite aussi la création de titres adossés à des obligations souveraines, des titrisations qui permettraient de « résoudre le problème d’interdépendance entre les banques et leur pays d’origine »
Dans un deuxième temps, de 2020 à 2025, Bruxelles suggère de réviser le traitement réglementaire des obligations souveraines et de créer un actif sans risque qui serait équivalent aux bons du Trésor américain. La Commission préconise également l’instauration d’un mécanisme de stabilisation budgétaire et de revoir l’architecture institutionnelle de l’Union économique et monétaire. 

Mais l'aboutissement de certains de ces projets s'est jusqu'à présent heurté à l'opposition de pays influents comme l'Allemagne, soucieux de ne pas s'engager dans l'engrenage d'une solidarité financière hors de contrôle. Or la poursuite de l'Union bancaire nécessiterait un accord sur le système de garantie des dépôts européen et sur un dispositif de soutien budgétaire au fonds de résolution unique. Elle supposerait également que le Mécanisme européen de stabilité (MES) soit en mesure d'accorder une ligne de crédit au fonds de résolution unique pour garantir sa capacité d’absorption des chocs financiers.