Dossier

Le Brésil dans la tourmente

Le Brésil dans la tourmente

Le Brésil s'est engagé dans une nouvelle spirale délétère, en mai 2017, fragilisant la bourse et le real. Le président Michel Temer, arrivé au pouvoir durant l'été 2016 en chassant du pouvoir Dilma Roussef qu'il accusait de corruption, est la cible d'une enquête de la Cour suprême pour « corruption passive »« obstruction à la justice » et « participation à une organisation criminelle ».

L’économie du Brésil semblait pourtant enfin sortir de la récession. Les investisseurs revenaient vers les actifs locaux et la réforme des retraites semblait en bonne voie, un enjeu clé sur le plan budgétaire. «La probabilité de vote de la réforme des retraites est désormais très faible sous le mandat de Michel Temer, tout comme celle d’une politique agressive d’assouplissement monétaire de la BCB, les deux facteurs qui avaient pourtant le plus contribué à la perspective positive accordée par les investisseurs aux actifs brésiliens», estime SG CIB. «Cette crise politique pourrait non seulement dérouter l’action du gouvernement mais aussi raviver les craintes d’une démission ou de destitution», alerte ainsi Nomura.

Or, «dans le scénario de l'affaiblissement de la devise et d’un environnement d’amélioration fiscale plus incertain, les anticipations d’inflation devraient remonter», alerte Nomura. Compte tenu de la violence de la chute du real, le rythme de baisse du taux Selic, aujourd’hui à 11,25%, risque de ralentir. Le gouverneur de la BCB, Ilan Goldfajn, a indiqué le 21 mai que le rythme d’assouplissement n’est pas encore défini. La croissance est attendue à 0,7% en 2017 et 2% en 2018, selon Nomura.