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La BCE prépare à demi-mot les marchés au sevrage monétaire

La BCE prépare à demi-mot les marchés au sevrage monétaire
(© ECB/Robert Metsch)

Depuis sa réunion du 9 mars 2017, la Banque centrale européenne (BCE) souffle le chaud et le froid. Les marchés avaient dans un premier temps interprété les propos des dirigeants de la banque centrale comme le premier signe d’une intention de sortie de la politique ultra-accommodante menée depuis plus de 2 ans pour les mesures les plus anciennes (achats d’actifs souverains et corporate, taux bas voire négatif).

Mi-mars, le gouverneur de la Banque d'Autriche, Ewald Nowotny, avait fait écho au durcissement du discours de Mario Draghi, président de la BCE, en estimant que celle-ci pourrait relever le taux de dépôts avant le taux de refinancement, sans attendre la fin du QE.

Un mouvement de correction s’en était suivi, concentré sur la partie longue de la courbe des rendements. De leur côté les marchés monétaires avaient anticipé une hausse du taux de dépôt de la BCE comprise entre 5 et 10 pb d’ici la fin de l’année.

Mais finalement, les marchés auraient extrapolé les intentions de la BCE. Au sein du Conseil des gouverneurs, les responsables allemands maintiennent leur volonté de voir la BCE préparer une normalisation monétaire, mais, selon le gouverneur de la Banque nationale belge, Jan Smets, ces positions sont minoritaires. Tel était le cas fin mars.

Il est vrai que l’inflation, baromètre scruté par la BCE pour caler le tempo de la normalisation, envoie des signaux très contrastés. Après une quasi flambée des prix fin 2016 début 2017, qui a vu culminer l’inflation de la zone euro à 2% en février, les prix ont décéléré de 5 points de base en mars. Pour Jan Smets, la reprise économique à elle seule ne justifie pas actuellement le retrait des mesures de soutien monétaire, compte tenue de la faiblesse de l'inflation sous-jacente et de la hausse des salaires.

Toujours fortement corrélé aux prix du pétrole qui oscille dans une fourchette étroite, le taux de swap inflation européenne 5 ans dans 5 ans est repassé sous le seuil de 1,6% fin mars pour la première fois depuis novembre 2016, après avoir atteint 1,8% fin janvier.