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Jouer la dette lorsque les taux changent de cap

Jouer la dette lorsque les taux changent de cap
(Crédit Thinkstock.)

Quelle place pour la dette dans les portefeuilles obligataires dans une Europe qui amorce un cycle économique plus prometteur ? Entre une inflation fluctuante au gré des cours des matières premières, une BCE qui s’interroge sur le timing d’une inflexion de sa politique monétaire et un risque politique évolutif, les investisseurs et les gérants examinent de près la diversité de la palette obligataire. L’approche benchmarkée touche ses limites et certains pans du marché ne compensent plus les investisseurs pour le risque auquel ils s’exposent.

Il n’est pas seulement question de stratégie défensive, mais de bien placer le curseur entre risque, rendement et diversification. Les professionnels ont la possibilité de surfer sur une offre obligataire abondante et multiple. Les émissions corporate ont atteint des records en 2016 et les attentes restent grandes pour 2017 pour peu que la demande et les investissements des entreprises soient bien au rendez-vous. Mais face au risque de taux, quelles stratégies tenir? 

Le high yield sera bien sûr mis à l’épreuve dans la perspective du redressement des taux. Les investisseurs cherchent-ils à réapprécier le risque de crédit dans le cycle qui s'engage? Et sont-ils rassurés par la diversification des signatures en Europe ? Quoiqu'il en soit le relèvement des taux devrait rester progressif et , dans le passé, le high yield a montré une certaine capacité de résistance.

L’attentisme est plus palpable vis-à-vis des produits indexés à l’inflation, même si l’horizon devrait s’éclaircir au fil des mois. De leur côté, le marché des dettes bancaires devrait rester dynamisé par une nouvelle catégorie de titres à la faveur des exigences supplémentaires en capital des superviseurs (TLAC, MREL). Aux investisseurs de bien peser les atouts de la dette tier 3 « senior-junior ». 

Nouveaux venus dans le paysage, les "social bonds" totalisaient début 2017 un encours d'environ 20 milliards en équivalent dollars, soit 10% du marché global des obligations vertes et sociales. Ces obligations permettent de toucher une nouvelle catégorie d’investisseurs spécialisés ESG (environnement, social et gouvernance).