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Les enjeux capitaux du Brexit pour l’Europe

Les enjeux capitaux du Brexit pour l’Europe
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La décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne, lors du référendum historique de jeudi 23 juin, ouvre une ère de profondes incertitudes. Après un long suspens, la nouvelle première ministre britannique, Theresa May, a fixé au 29 mars 2017 l'activation de l'article 50 du Traité sur l'Union européenne qui ouvrira la phase de négociation du divorce. Des négociations qui promettent d'être âpres.

L'un des points centraux concernera le passeport paneuropéen que les acteurs financiers britanniques craignent de perdre. Un autre dossier sensible portera sur les conditions de la compensation des produits financiers libellés en euro et sous quelle supervision seront placées les Chambres de compensation qui en seront chargées.

Pour les places financières continentales, l'heure de la réorganisation a sonné.  La Commission envisage notamment de profiter du rapatriement du siège de l’Autorité bancaire européenne (EBA), actuellement à Londres, pour chercher "certaines synergies" entre les différentes instances de supervision. Francfort abriterait une autorité couvrant banques et assurances, tandis que l’autorité des marchés à Paris verrait son rôle étendu à la protection des consommateurs.

En tout état de cause, selon l'article 50,  la séparation entre l'UE et le Royaume Uni ne sera effective qu'après un délai de deux ans après lesquels les deux parties sont censées parvenir au nouveau cadre de leurs relations, où à son ébauche.

En attendant les grands investisseurs s'interrogent sur l'opportunité de maintenir tout ou partie de leurs intérêts sur le sol britannique. Certaines grandes banques comme HSBC ou JP Morgan ont laissé entendre, dès avant le résultat du référendum, qu'elles se délocaliseraient en cas de Brexit vers le Continent. Dès lors l'étoile de la City, clé de voûte de l'économie de services britannique, va-t-elle à briller avec autant d'éclat à l'avenir? Les places financières des Etats membres de l'UE sauront-elles tirer profit de ces bouleversements? 

Il reste aussi à savoir quelles seront les conclusions de ces  négociations complexes et si les marchés auront la patience d'en attendre calmement l'issue. D'autant que d'autres pays membres seront peut-être tentés de suivre la voie du Royaume-Uni.