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Dette et croissance : le double défi de la zone euro

Dette et croissance : le double défi de la zone euro

L’Europe doit-elle soutenir sa croissance par une politique budgétaire expansionniste ? Le débat, récurrent parmi les 28 depuis la crise de 2008, s’est durci fin 2016. La Commission, soutenue par le FMI et l’OCDE, a explicitement défendu l’idée d’un accroissement des dépenses (les chiffrant même à +0,5%, soit 30 à 40 milliards d’euros) dans les pays excédentaires (Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg) et appelé à une « stratégie plus collective » à cet égard en zone euro.

L’insuffisance de la dynamique économique européenne, l’épuisement de la politique monétaire ultra-accommodante et l’inquiétude suscitée par la montée de l’euroscepticisme justifient, aux yeux de la Commission européenne, d’interpréter avec souplesse le Pacte de stabilité. Ces dirigeants ont également gardé en mémoire les conséquences désastreuses sur l’activité des mesures d'austérité prises par des Etats membres pour réduire leur déficit budgétaire et freiner la spirale de leur dette en 2011 et début 2012. A ces facteurs, s'est ajoutée en novembre 2016 l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, et ses velleités de relance économique lourde d'enjeux pour l'Europe en matière de taux et de monnaies.

Mais les pays excédentaires en question ont rapidement exprimé leurs réserves, par la voix du président de l’Eurogroupe, le Hollandais Jeroen Dijsselbloem, et celle du ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, au nom des règles budgétaires.

Depuis la récession qui a frappé la zone euro en 2012, la seconde après celle de 2009, la reprise économique reste molle (1,6% attendu en 2016, après 1,5% en 2015 et 0,9% en 2014). La faiblesse de l’inflation reste préoccupante, le niveau d'endettement de nombre d'Etats membres reste problématique et le taux de chômage demeure élevé. 

La baisse du cours du pétrole, celle de l'euro et la faiblesse des taux d'intérêt, entretenue par la politique monétaire de la BCE, n’ont pas produit tous les effets escomptés. De même que l'initiative de la Commission européenne qui a mis sur les rails en 2015 un projet d'investissement de plus de 300 milliards d'euros sur trois ans, le plan Juncker. L'investissement européen reste inférieur de 9% au niveau d’avant crise, selon HSBC.