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Le Japon se mobilise contre la tendance déflationniste

Le Japon se mobilise contre la tendance déflationniste

Trois après le lancement des "Abenomics", le premier ministre japonais Shinzo Abe cherche toujours une parade contre la tendance déflationniste. Le gouvernement nippon et la Banque du Japon tentent de mieux coordonner leurs efforts. Durant l'été 2016, le premier a annoncé un nouveau plan de relance et la seconde a laissé entendre qu'elle pourrait peut-être recourir à une forme d' "helicopter money", renforçant sa politique monétaire déjà très accomodante.

Shinzo Abe a pris les rênes du Japon fin décembre 2012 en promettant de s'attaquer au mal endémique qui ronge l'économie de l'archipel depuis deux décennies, la déflation. Lors de son intronisation, le nouveau chef de l'exécutif a plaidé pour une politique monétaire accomodante très agressive, avec un objectif d'inflation relevé à 2% (et non plus 1%), des taux négatifs sur les dépôts des banques commerciales auprès de la BoJ. Il s'agissait non seulement de sortir l'économie de la spirale déflationniste, mais aussi de déprécier le yen dont la vigueur handicape les exportateurs nippons.  

Pour relancer la croissance, le nouveau pouvoir a également promis un plan de relance équivalent à 4% du PIB et une baisse l'impôt sur les sociétés sous le seuil de 30%.Mais le haut niveau d'endettement du pays (plus de 200% du Pib) limite la marge de manoeuvre budgétaire du gouvernement. Et Shinzo Abe a décidé d'augmenter la TVA de 5% à 8% en avril 2014, compromettant les fragiles effets de l'"Abenomics".

Peu après l'acession au pouvoir de Shinzo Abe, le traitement de choc mis en oeuvre par les autorités a suscité curiosité et espoir. La croissance du PIB a atteint 3,5% en rythme annuel au premier trimestre 2013 (0,9% en rythme trimestriel), après 0,3% au dernier trimestre 2012 et une contraction les mois précédents. Mais au deuxième trimestre 2014, le PIB a vivement reculé (7,1%), la TVA augmentée ayant pesé sur la consommation et les investissements.