La chronique de l'actualité

Retraites, une méthode à reproduire

le 19/07/2019

Philippe Mudry

Cette fois, la grande réforme des retraites est lancée. Grande non par sa finalité de parvenir à une équilibre économique durable mais parce que c’est la première du genre dans son principe d’unification dans un régime par points. Les conditions de son élaboration sont ses meilleures chances de succès.

Les réactions des partenaires sociaux et des autres parties prenantes sont conformes à ce qu’on pouvait en attendre : soutien mesuré du patronat, inquiétude des caisses de retraites qui se demandent à quelle sauce leurs réserves vont être mangées, critiques convenues de la CGT et FO, prudence intéressée de la CFDT et de l’UNSA.

Mais l’unanimité se fait sur un point capital, la « méthode Delevoye ».

Sous un gouvernement capable d’imposer du jour au lendemain une taxe sur les carburants quitte à susciter une bronca populaire d’ampleur, la « méthode Delevoye » constitue le meilleur remède pour éviter une nouvelle poussée de « fièvre jaune ».

La concertation, engagée depuis 18 mois, a été longue et nullement de pure forme. Fondée sur des engagements clairs du candidat Macron, et sur quelques règles exposées par le Haut-Commissaire ne dérogeant pas aux principes fondateurs de la retraite par répartition à la française, les débats avec les partenaires sociaux ont été riches.

Ils sont d’ailleurs appelés à se poursuivre, dès lors que certains curseurs restent à fixer sur des points importants, en particulier les modalités de la transition qui seront sans doute diverses.

Les travaux ne sont pas non plus déroulés au sommet d’une tour d’ivoire où le bruit de la Cité ne parvient pas. Les polémiques n’ont pas manqué, les débats dangereux non plus, tous plus ou moins dictés par une urgence budgétaire pressante. Mais la sagesse, qui a consisté à cadrer une réforme dans ses grandes lignes avant d’aborder les sujets financiers qui fâchent, a finalement prévalu. Elle garantit que les débats ne seront pas pollués par des joutes financières de court terme.

Aussi, l’opinion pourra-t-elle apprécier le canevas proposé par Jean-Paul Delevoye dans une relative sérénité. Le point est crucial, à tel point qu’il incite à faire de cette expérience une matrice pour d’autres réformes d’ampleur à venir.

Risquons une idée : lancer une concertation sur les voies de financement de la transition écologique. La question n’est pas moins essentielle que celle des retraites, aussi complexe et urgente. Alors pourquoi pas ?

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