La chronique de l'actualité

La City attend toujours sa feuille de route post-Brexit

le 06/12/2018

Alexandre Garabedian

Le Brexit paraît toujours plus mal engagé, à quelques jours d’un vote fatidique du Parlement britannique, le 11 décembre, sur l’accord de sortie négocié par Theresa May. Le propre conseiller juridique de la Première ministre britannique a livré ce mercredi un avis très sévère sur ce texte. Selon l’attorney general, si le projet est voté tel quel, le pays court le risque de s’enliser dans des négociations interminables avec l’Union européenne.

Ces incertitudes affectent tout particulièrement le secteur des services financiers, dont on connaît l’importance pour l’économie britannique. Quelle place réserver à la City dans un monde post-Brexit ? Comment lui conserver son rang de hub financier mondial ? Le Royaume-Uni doit-il rester proche du cadre réglementaire de l’Union européenne pour garantir l’accès de ses services financiers au marché continental, ou bien a-t-il intérêt à jouer la carte de la souplesse, voire du dumping réglementaire ?

A ces questions existentielles pour la place londonienne, les dirigeants britanniques n’ont pas apporté le moindre commencement de réponse. Les jeux de politique politicienne outre-Manche empêchent pour le moment ce débat nécessaire. Pourtant, avec le projet d’accord sur le Brexit, la City voit poindre la menace d’une lente attrition. Dans ce schéma, en effet, la Grande-Bretagne se retrouverait liée par les réglementations financières de l’Union sans pouvoir les infléchir. Un grand bond en arrière pour Londres, dont les lobbyistes ont largement écrit les textes qui régissent aujourd’hui les marchés de capitaux européens. A long terme, cette incapacité à peser sur la réglementation risque de se révéler incompatible avec les ambitions d’une place financière mondiale.

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