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La croissance propre, défi majeur des néobanques

le 11/10/2018

Alexandre Garabedian

Conquérir plus de 13 millions de clients en France à l’horizon 2020 : c’est l’objectif que les banques mobiles et autres néobanques se sont fixé collectivement. Ce chiffrage est l’œuvre de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). La tutelle du secteur a compilé pour la première fois les plans stratégiques d’une douzaine d’acteurs, de Boursorama à Orange Bank en passant par N26.

Treize millions de clients en 2020, cela équivaudrait à tripler le fonds de commerce actuel. L’ambition est louable, encore faut-il que cette croissance respecte les règles élémentaires de prudence. L’ACPR relève en effet que les nouveaux acteurs de la banque particulièrement exposés au risque de fraude, du fait de leur jeunesse mais aussi d’un modèle de relation à distance avec le client. Pour les mêmes raisons, le risque de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme constitue un autre point de vigilance. Lorsque l’on promet d’ouvrir un compte bancaire à distance et en quelques clics, il mieux vaut se montrer regardant sur le profil des nouveaux clients et l’origine de leurs fonds.

La conséquence est claire, les néobanques devront consentir de lourds investissements pour concilier croissance et conformité, comme le font déjà leurs concurrentes traditionnelles. Elles en sont bien conscientes, à l’image de Revolut, qui a conquis la bagatelle de 2,5 millions de clients en trois ans. La fintech britannique a dû se doter cette année d’une plate-forme de détection automatisée des tentatives de blanchiment. Cette contrainte pèse sur le modèle économique d’acteurs qui, pour la plupart, n’ont pas encore atteint le point mort. Elle pourrait pousser les néobanques indépendantes dans les bras de groupes établis, comme Compte Nickel qui s’est adossé, l’an dernier, à BNP Paribas.

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