La chronique de l'actualité

La Fed devrait conforter le scénario de remontée graduelle des taux

le 13/06/2018

Philippe Mudry

Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) devrait conforter mercredi soir le scénario, dominant sur les marchés, d’une remontée graduelle des taux avec une septième hausse d’un quart de point de l’objectif des fonds fédéraux. Si cette décision ne fait aucun doute, la suite est moins consensuelle. Mais le durcissement en cours des conditions financières paraît néanmoins appelé à se poursuivre.

D’abord, à 1,75%-2%, le taux des Fed funds n’aura pas encore atteint le bas de la fourchette du taux neutre de long terme qu’ont en tête les stratégistes de marché, qui culmine à 3,5%. L’inflation, publiée hier à 0,2%, en ligne avec les attentes, une croissance toujours solide, un chômage au plus bas à 3,8%, enfin un climat international plus optimiste après le Sommet américano-nord-coréen, paraissent justifier la poursuite de la trajectoire actuelle, avec deux hausses supplémentaires plausibles d’ici la fin de l’année. 

Ensuite, la BCE pourrait confirmer sa marche vers une fin de l’assouplissement quantitatif en esquissant son calendrier. Baisse de l’euro, remontée du pétrole, retour de l’inflation vers son objectif, relativisation du risque italien, sérénité relative de la BCE sur l’activité en zone euro : tout paraît y concourir, et les propos récents de son chef économiste Peter Praet ont été pris par le marché comme un signal imminent de clarification des perspectives.

Le mouvement de raffermissement des taux de marché devrait donc se poursuivre, et pas seulement aux Etats-Unis. D’aucuns se préparent même à son accélération prochaine.

La fin programmée du QE aux Etats-Unis et désormais aussi sans doute en Europe, le surcroît d’émissions prévisible aux Etats-Unis, où le déficit budgétaire est appelé à augmenter, enfin l’assouplissement progressif de l’accès au marché obligataire chinois pour les étrangers, devraient impliquer une forte augmentation de l’offre de titres sans risque. Et du même coup une pression générale à la hausse des rendements pour attirer les investisseurs.

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