La chronique de l'actualité

Bruxelles refuse la perspective britannique d’un « Brexit à la carte »

le 08/03/2018

Philippe Mudry

Le Royaume Uni a toujours pensé que la porte du marché unique ne devait pas forcément être ouverte ou fermée, et qu’un régime intermédiaire, qui lui serait particulier, était négociable.

Bruxelles, par la voiex du Président du Conseil Européen, lui a répondu hier qu’il faisait fausse route.

Entre le régime d’accès, avec les contreparties nécessaires, au marché unique qu’a choisi la Norvège, et l’accord commercial classique qu’a obtenu le Canada, il n’y a pas de voie médiane.

Tel est le message adressé hier par Donald Tusk au Premier ministre britannique Theresa May.

La fin de non-recevoir au discours de celle-ci vendredi est polie mais ferme. Elle doit être entérinée par un Sommet de l’Union à la fin du mois.

En particulier, aucune mention n’est faite des services financiers dans le document préparatoire rédigé par la Commission.

Pour la Grande-Bretagne, il s’agit d’un secteur à part : le ministre britannique des Finances Philip Hammond souligne que son inclusion conditionne un accord « équilibré » de libre-échange bilatéral.

A l’inverse, martelait mardi son alter ego français Bruno Le Maire, les services financiers ne relèvent pas pour l’Europe du domaine commercial mais du régime de l'équivalence.

C’est celui selon lequel sont régies les relations financières avec les Etats-Unis ou le Japon.

Il se borne à s’accorder la liberté réciproque d’établissement en donnant la primauté aux régulateurs de chaque partenaire.

Londres est d’ailleurs mis en garde contre la tentation de jouer la carte du « moins disant réglementaire » pour maintenir sa prééminence financière.

En clair, sauf changement de pied britannique, la City ne pourra espérer travailler comme par le passé avec un régime de faveur.

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