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Brexit, l’Europe dévoile ses batteries

le 28/02/2018

Alexandre Garabedian

Fini les discours, place aux propositions concrètes sur le Brexit. La Commission européenne doit dévoiler ce mercredi son projet d’accord sur les modalités de sortie du Royaume-Uni. Un document d’une centaine de pages qui risque d’être mal reçu à Londres. Sur bien des points, le texte contredit en effet les souhaits du camp britannique, si l’on en croit les éléments ayant déjà filtré. Premier sujet de discorde, la durée de la période transitoire durant laquelle le Royaume-Uni pourra finaliser un nouvel accord commercial avec le continent. Outre-Manche, les milieux d’affaires souhaitent que cette phase, qui débutera le 30 mars 2019, soit la plus longue possible. Mais Michel Barnier, le négociateur européen pour le Brexit, a enfoncé le clou mardi : la phase de transition doit s’arrêter fin 2020, et pas au-delà. C’est aujourd’hui la question la plus urgente. Les chefs d’Etat européens sont censés la trancher lors d’un sommet prévu les 22 et 23 mars prochain.

Autre sujet critique, l’Irlande. Une partie du territoire de l’île, l’Irlande du Nord, sera demain située hors de l’Union européenne. Dublin et Belfast ne veulent pas d’une frontière physique, une perspective pourtant inéluctable si le Royaume-Uni sort de l’union douanière. Faute de réponse claire de Londres sur ce point, les négociateurs européens auraient prévu dans leur projet une clause qui forcerait la main du Royaume-Uni.

Citons également dans ce menu appétissant la Cour européenne de justice : les négociateurs de l’Union proposeraient que l’institution joue un rôle d’arbitre entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept. Si Londres refusait de suivre les avis de la Cour, des sanctions commerciales seraient prévues. Une condition impossible à accepter pour les partisans d’un Brexit dur.

Rien n’est encore gravé dans le marbre cependant. Le texte doit servir de base de négociations en vue d’un accord espéré au mois d’octobre. D’ici là, le Premier ministre Theresa May devrait – enfin – préciser la position britannique lors d’un grand discours ce vendredi.

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