La chronique de l'actualité

L’inflation américaine, une ombre sur les marchés

le 15/02/2018

Alexandre Garabedian

L’énigme de l’inflation faible est en passe d’être résolue aux Etats-Unis. Il y a quelques mois encore, la Réserve fédérale se désolait de voir l’indice des prix américain rester insensible à sa politique monétaire très accommodante. La publication, mercredi, des chiffres de janvier confirme un changement de régime. A +2,1% sur un an, et +1,8% si l’on exclut les éléments volatils comme le prix du pétrole ou de l’alimentation, l’inflation américaine retrouve un rythme plus cohérent avec le cycle de l’économie. Et ce n’est pas fini : les économistes prévoient que la croissance des prix puisse dépasser 2,5% en rythme annuel dans les prochains mois.

Les marchés financiers ont réagi dans le calme à cette publication, avec une légère remontée du rendement des emprunts d’Etat à 10 ans. Pas de quoi paniquer en effet à ce stade. La Fed s’est fixé un objectif d’inflation de 2% mais préfère fonder ses décisions sur un autre indicateur, lié aux dépenses personnelles de consommation, et qui atteint aujourd’hui 1,5%. Rien n’empêche non plus la banque centrale de tolérer, pendant quelque temps, un léger dépassement. Le risque d’une Fed plus agressive commence cependant à faire son chemin dans l’esprit des investisseurs. Ils anticipent pour l’instant trois hausses de taux cette année aux Etats-Unis, la prochaine au mois de mars pour la première réunion de Jerome Powell. Mais ils évoquent désormais l’hypothèse d’un quatrième tour de vis en 2018. La grande interrogation porte sur le plan de relance massif de l’administration Trump et son impact pour l’économie américaine. Aux premiers signes de surchauffe, la correction du début d’année ne sera qu’un avant-goût de ce qui attend les marchés.

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