La chronique de l'actualité

Les marchés se résignent à l’entrée dans un cycle de remontée des taux

le 05/02/2018

Philippe Mudry

Depuis de longs mois, le retour dans un long cycle de hausse des taux est la grande crainte des marchés.

Or après la publication des chiffres de l’emploi américain pour janvier, il devient difficile de nier que le retournement est bien engagé et qu’il s’accélère.

L’élément nouveau tient à la résurgence de la pression salariale sur l’inflation : la hausse du salaire horaire aux Etats-Unis a atteint 2,9% en janvier, son niveau le plus élevé depuis 2009.

C’est le résultat d’une création d’emplois toujours forte, de 200.000 le mois dernier.

La célèbre courbe de Phillips, qui décrit la relation inversée entre le taux de chômage et l'inflation, n’est donc pas encore à jeter aux oubliettes de l’histoire économique.

Nombre d’économistes finissaient par se demander si elle n’était pas simplement cassée.

Le résultat, c’est une forte tension sur les taux longs, avec pour corollaire le recul des bourses. A 2,837%, le rendement de l’emprunt fédéral à 10 ans a gagné plus d’un demi-point en deux mois.

Par contagion, les taux européens se tendent aussi, français et allemands à l’unisson. La poussée est à peine moins forte qu’aux Etats-Unis. 

Les historiens remarqueront que le point bas des taux dans le monde développé date déjà de l’été 2016.

Mais son accélération récente est flagrante, sous l’influence de la réforme fiscale de Trump et de la reprise à l’œuvre partout dans le monde.

Le mouvement n’est pas porteur que de bonnes nouvelles pour les marchés, ni pour les emprunteurs y compris les Etats cigales comme la France.

Mais il peut aussi avoir des avantages : le pari à sens unique de jouer l’euro contre le dollar est à revoir.

La forte hausse du dollar vendredi le montre. La BCE ne s’en plaindra pas.

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