La chronique de l'actualité

Le chant du cygne de Janet Yellen

le 31/01/2018

Alexandre Garabedian

L’heure de la succession a sonné à la tête de la Fed. Janet Yellen préside aujourd’hui sa dernière réunion à la présidence de la banque centrale américaine, avant de passer cette semaine le relais à Jerome Powell. La Réserve fédérale devrait laisser ses taux inchangés ce mercredi soir, tout en confortant les attentes d’un tour de vis monétaire à sa prochaine réunion des 20 et 21 mars.

Ce relèvement serait alors le premier d’une série de trois hausses des taux en 2018, si l’on en croit les anticipations des investisseurs. Voilà pour le scénario idéal des marchés financiers. A une nuance près : Jerome Powell risque d’avoir rapidement des problèmes de riche. Le Fonds monétaire international vient de relever nettement ses prévisions de croissance de l’économie américaine cette année et l’an prochain. Quant à l’inflation, elle a donné tout récemment des signes de raffermissement aux Etats-Unis, alors que sa faiblesse persistante déconcertait Janet Yellen. Notons enfin que la composition du comité de politique monétaire de la Fed va évoluer en 2018 pour donner davantage de place aux partisans d’un resserrement monétaire plus prononcé.

C’est là que la Réserve fédérale joue une partie serrée, car elle fait face à un phénomène récent : la remontée rapide des taux longs aux Etats-Unis. En un mois, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans est passé de 2,4% à 2,7%. S’il devait poursuivre sur sa lancée, les records de Wall Street y survivraient-ils ? Les investisseurs, en tout cas, s’interrogent, comme le montre la correction des indices boursiers américains depuis lundi. 

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