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L’affermissement de la croissance mondiale ne doit pas faire oublier le risque pays

le 18/12/2017

L’affermissement de la croissance mondiale ne doit pas faire oublier le risque pays

Philippe Mudry

Les économistes saluent volontiers, et avec raison, l’affermissement général de la croissance dans le monde, parlant parfois d’alignement des planètes.

Cela ne signifie pas que, pour les investisseurs en quête de rendement en cette ère de taux bas, la sélectivité doive cesser d’être la règle d’or, notamment en termes de localisation. En témoigne l’exemple cruel de l’Afrique du Sud.

La situation politique y est depuis belle lurette notoirement instable, avec un président, Jacob Zuma, décrié et déstabilisé par les scandales.

Son parti, l’African National Congress, a dû se résoudre à se trouver un nouveau chef ce week-end.

Or c’est tout un système qui paraît se déliter, y compris sur le plan économique et financier.

La toute récente déconfiture du distributeur Steinhoff, le propriétaire de Conforama, a ainsi jeté une panique totale sur le marché financier national.

L’entreprise a dû admettre voici dix jours que des « irrégularités comptables » l’avaient contrainte à mandater le cabinet PwC pour mener une « enquête indépendante ».

Son patron a démissionné et son cours de bourse s’est effondré de 85%. Le groupe lutte aujourd’hui pour sa survie.

Instantanément, les investisseurs se sont souvenus que la corruption dans ce pays confine à la culture de masse et que les scandales majeurs y sont récurrents.

Aussi, les acteurs financiers locaux sont-ils devenus infréquentables, y compris des groupes ayant pignon sur rue.

La société immobilière Growthpoint Properties a notamment dû renoncer à une grosse émission de dette du fait d’un marché aux abonnés absents.

Et plusieurs banques, dont Citigroup et Bank of America, sont en risque chacune pour des centaines de millions d’euros sur le dossier.

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