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La gestion d’actifs, le « plus » boursier des banques

le 06/12/2017

Alexandre Garabedian

Alexandre Garabedian

Deutsche Bank donne de la visibilité à son gestionnaire d’actifs. La banque allemande a précisé mardi la manière dont elle compte introduire en Bourse ses activités de gestion d’épargne. Ce pôle, qui sera rebaptisé DWS, doit être coté d’ici au mois de mars 2019. Deutsche Bank vendra une part minoritaire du capital, sans doute un quart, à des investisseurs extérieurs. Pour le numéro un allemand, qui traverse une mauvaise passe, l’intérêt est d’abord financier : l’opération pourrait lui rapporter 2 milliards d’euros.

Mais le groupe pourrait aussi en profiter pour changer son image auprès des investisseurs. Aujourd’hui, Deutsche Bank est perçue comme une grosse banque d’entreprise et de marchés, largement affaiblie par la crise financière. En cotant sa gestion d’actifs, elle espère lui donner les moyens de se développer et faire apparaître sa valeur aux yeux des marchés. DWS est en effet l’un des principaux acteurs européens de ce métier, avec plus de 700 milliards d’euros d’encours. La filiale promet de faire grandir ce trésor de guerre de 3 à 5% par an, et de verser de juteux dividendes à ses actionnaires en distribuant jusqu’aux trois quarts de ses résultats. Pour ne pas être accusée de brader sa pépite, Deutsche Bank a opté pour un statut juridique particulier qui lui permettra d’en garder le contrôle.

Les banques qui ont déjà mis leur gestion d’actifs sur le devant de la scène peuvent s’en féliciter. L’activité reste peu gourmande en capital, et donc plus rentable que la banque classique. Les marchés boursiers l’apprécient ainsi à sa juste valeur. Ce n’est pas un hasard si le Crédit Agricole, actionnaire d’Amundi, le numéro un européen, gagne cette année près de 20% en Bourse. L’action Natixis fait encore mieux, + 25%, le groupe étant perçu aujourd’hui autant comme un gestionnaire d’épargne et un assureur, que comme une banque. BNP Paribas, qui s’est laissé distancer dans ces métiers par ses deux concurrents français, ne gagne que 5%. La Société Générale, qui a renoncé à jouer un rôle mondial dans ce métier, ferme la marche, avec un recul de 8% sur 2017.

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