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La normalisation monétaire survivra au mandat de Mario Draghi

le 27/10/2017

Philippe Mudry

Philippe Mudry

Quand Mario Draghi quittera la présidence de la BCE fin octobre 2019, il est de moins en moins probable que les taux auront amorcé leur remontée en Europe.

Pour cause d’inflation introuvable, le rythme du « retour à la normale » monétaire qu’il a dévoilé hier est si lent que les rachats de titres par la BCE n’auront même probablement pas cessé à cette date.

Pour les prochains mois, le paysage décrit par le président de la BCE est celui-ci : maintien des taux à leurs niveaux actuels et poursuite des achats d’obligations sur le marché, le fameux ‘assouplissement quantitatif’, au même rythme mensuel de 60 milliards jusqu’en décembre.

Arès quoi, à compter de janvier 2018, ils diminueront de moitié jusqu’à septembre, mais ne cesseront alors que si la conjoncture le justifie.

Dans le cas contraire, les achats pourraient au contraire se poursuivre « autant que nécessaire », voire augmenter.

En outre, la BCE continuera quoi qu’il arrive à réinvestir le produit des titres qui lui seront remboursés d’ici là parce qu’arrivés à échéance.

Autant dire que ses achats seront de ce fait supérieurs à 30 milliards et se poursuivront sans doute fort avant en 2019 voire au-delà.

C’est pourquoi aucune hausse des taux ne paraît envisageable pendant les 18 à 24 prochains mois au moins.

Inutile d’ajouter que la réaction des marchés a été le soulagement.

Sur la nouvelle, les taux longs, du nord au sud de la zone euro, se sont nettement détendus tandis que l’euro – dont le cours sera une variable plus importante que jamais désormais - reculait aussi.

Pas de doute : Mario Draghi devrait logiquement faire son entrée au « Guinness Book of records » des banquiers centraux les plus accommodants de l’histoire universelle !

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